Nombre record de morts depuis la trêve en Ukraine

La paix n'est toujours pas assurée en Ukraine. Depuis la conclusion d'un accord entre belligérants ouvrant la voie à une cessation des hostilités il y a plus d'une semaine, les combats ont fait 13 victimes ce lundi.
07 août 2015, 14:16
Plus d'une semaine après la conclusion d'un accord entre belligérants ouvrant la voie à une cessation des hostilités, la paix n'est toujours pas assurée dans les régions séparatistes en Ukraine.

Plus d'une semaine après la conclusion d'un accord entre belligérants ouvrant la voie à une cessation des hostilités, la paix n'est toujours pas assurée dans les régions séparatistes en Ukraine. Les combats ont fait lundi 13 victimes, un record depuis l'entrée en vigueur de la trêve.

"Neuf soldats ont été tués et vingt-sept blessés durant les dernières 24 heures", a déclaré le porte-parole militaire, Andriï Lyssenko, à la mi-journée. Quatre civils ont également été tués à Donetsk et à Makiïvka, au nord-ouest de Donetsk. Huit civils ont été blessés dans ces incidents causés par des tirs d'artillerie.

"Hier (dimanche), les rebelles ont tenté une nouvelle fois de prendre d'assaut l'aéroport de Donetsk", a ajouté M. Lyssenko. "Un de nos véhicules de transport blindé a été touché, nos parachutistes ont essuyé des pertes", a-t-il dit, sans préciser le nombre de militaires tués.

Lundi, des échanges de tirs, y compris à l'arme lourde, se poursuivaient à Donetsk, mettant en péril le retrait des troupes de l'armée ukrainienne et des rebelles prorusses.

Brève fièvre dimanche

Parallèlement, la grande ville de Kharkiv, qui n'a jamais pris le parti de la rébellion armée, a connu une brève fièvre dimanche soir. Des manifestants nationalistes ont déboulonné de la grande statue de Lénine.

Le dialogue entre Kiev et les séparatistes sur l'avenir politique de ces provinces frontalières de la Russie n'est toujours pas engagé. La perspective d'un "gel" du conflit, une fin à terme des combats et une zone échappant au contrôle de Kiev, se précise chaque jour davantage.

Depuis l'instauration le 5 septembre d'un cessez-le-feu, les violences ont diminué dans les régions séparatistes. Des violations régulières de la trêve ont malgré tout conduit à la mort d'au moins 56 militaires et civils, selon un comptage de l'AFP.

Drones

Alors que la situation reste précaire sur le terrain, la France et l'Allemagne ont proposé à l'Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE) des drones pour la surveillance, a déclaré lundi le porte-parole du ministère français des Affaires étrangères. A la mi-septembre, le conseiller fédéral Didier Burkhalter, président en exercice de l'OSCE, avait annoncé que l'organisation allait utiliser ces engins.

La hausse des violences intervient au moment où militaires et rebelles tentent de mettre en place une zone tampon de 30 km de large tout au long de la ligne de front. Pour cela, militaires russes et ukrainiens se sont rencontrés près de Donetsk, en zone sous contrôle ukrainien.

Reconnaissant l'influence qu'elle a sur les séparatistes, l'armée russe a promis d'agir pour convaincre les rebelles d'observer le cessez-le-feu. Sa présence dans l'Est est ainsi pour la première fois avérée.

Perturbations en Europe

A l'échelle européenne, la Russie et l'Union européenne poursuivront leurs discussions relatives à l'approvisionnement de l'Ukraine en gaz jeudi ou vendredi à Berlin, a annoncé lundi le ministre russe de l'Energie, Alexander Novak.

De son côté, l'ambassadeur tchèque chargé de la sécurité énergétique a estimé qu'on ne pouvait raisonnablement s'attendre à ce que le gaz russe transite sans encombre par l'Ukraine cet hiver. L'Europe doit s'attendre à des perturbations, selon lui.

La Russie a coupé le gaz à l'Ukraine en juin en raison d'un différend entre les deux pays sur la note de gaz de Kiev. Cette année, le russe Gazprom a d'ailleurs fortement réduit ses livraisons de gaz à l'Europe via l'Ukraine, préférant livrer ses clients via d'autres chemins.