Manifestations camerounaises à Genève: gaz lacrymogène et altercations

Des partisans et des opposants au président camerounais Paul Biya se sont réunis samedi à Genève. Quelques altercations se sont déroulées. La police a dû recourir à la tonne-pompe et au gaz lacrymogène sur les opposants. Le calme est revenu par la suite.
29 juin 2019, 14:18
/ Màj. le 29 juin 2019 à 15:05
Des confrontations ont lieu samedi à Genève entre les manifestants camerounais et la police.

Environ 250 personnes ont protesté samedi après-midi à Genève contre la présence du président camerounais Paul Biya à l'hôtel Intercontinental. Des confrontations ont lieu entre les manifestants et la police.

Les forces de l'ordre ont sorti la tonne-pompe et fait usage de gaz lacrymogènes, a constaté un photographe de Keystone-ATS sur place. Quelques heurts ont eu lieu entre les pro Biya et les opposants.

Selon le porte-parole de la police genevoise, Sylvain Guillaume-Gentil, certaines personnes ont été incommodées, mais personne n'a été hospitalisé. A cause de la chaleur, quelques manifestants ont eu des malaises passagers. En fin d'après-midi, ils n'étaient plus que 30 à 50 personnes à manifester calmement.

 

 

"Paul Biya responsable no 1 de l'immigration en Europe", pouvait on lire sur des pancartes. Les manifestants ont accusé la Suisse de protéger un dictateur. Ils ont tenté d'accéder à l'hôtel Intercontinental depuis la place des Nations.

Rideaux de lacrymos

La police a fait un premier barrage avec des lacrymogènes et des canons à eau. Il a été forcé par les manifestants qui se sont retrouvés face à un deuxième rideau d'eau et de gaz, à mi-chemin entre la Place des Nations et l'hôtel Intercontinental.

Les routes ont été fermées dans le secteur de la place des Nations. Les polices vaudoise et neuchâteloise étaient présentes en renfort.

Ultimatum à 13h00

De nombreux policiers, pour la plupart en tenue anti-émeute, avaient pris place autour du luxueux hôtel où séjourne le chef de l'Etat, âgé de 86 ans, avant la manifestation d'opposants dénonçant son régime.

"Nous, Camerounais, exigeons que le Cameroun entre dans l'ère du modernisme démocratique, alors que nous vivons depuis 37 ans sous la dictature sénile de Paul Biya", a déclaré Robert Wanto, responsable du Conseil des Camerounais de la diaspora, qui vit en exil en France depuis près de trente ans.

"Ce dictateur a pris ses habitudes à l'hôtel Intercontinental, où il dilapide des milliards de nos francs, alors que le pays est économiquement malade. On ne peut pas l'accepter", a-t-il ajouté, faisant état d'un "ultimatum" adressé au président camerounais pour qu'il quitte les lieux, peu avant le début de la manifestation.