Maladies liées à l'âge: vers une aide au suicide plus accessible

Exit veut rendre le suicide plus accessible aux personnes âgées qui ne sont pas atteintes d'une maladie incurable. L'association s'est prononcée en ce sens samedi lors de son assemblée générale à Zurich.

25 mai 2014, 10:15
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Exit alémanique (Deutsche Schweiz) a dit oui à une extension de l'aide au suicide à des personnes souffrant de polypathologies liées à l'âge, samedi lors de son assemblée générale à Zurich. Exit ADMD Suisse romande avait déjà dit oui à ces propositions le 26 avril, mais discrètement.

Jusqu'ici, les deux associations proposaient l'aide au suicide pour les personnes atteintes d'une maladie incurable ou en phase terminale. Face au vieillissement de la population, elles veulent désormais s'adresser à des personnes qui ne sont pas atteintes d'une maladie incurable.

Suicide facilité pour les personnes âgées

Cette modification doit rendre l'acte plus facile pour les personnes âgées, car il ne leur sera pas demandé autant de clarifications médicales qu'à des personnes plus jeunes. Les candidats au suicide pourront dès lors souffrir de plusieurs maladies, dont aucune n'est mortelle, mais qui limitent de manière importante la vie de la personne.

"Un médecin peut considérer que c'est une mauvaise idée. Mais si la personne a son discernement, elle est en droit de choisir le moment et le moyen de sa propre mort", a déclaré cette semaine Jérôme Sobel, président d'Exit Suisse romande, sur les ondes de la RTS.

Pour lui, une polypathologie, c'est par exemple "quelqu'un qui est âgé, qui a des problèmes de surdité importants et qui va en plus devenir aveugle. S'il fait une demande et qu'il nous la répète, on va l'aider", a encore précisé Jérôme Sobel.

Que signifie "être âgé" ?

Exit ne souhaite cependant pas définir le terme "âgé", car cela dépend de la personne, a expliqué samedi devant les médias la présidente de l'organisation alémanique Saskia Frei. La discussion est à présent ouverte et sera approfondie avec les médecins, mais également dans la société et au niveau politique.

Ce renforcement du droit à l'autodétermination reste dans la légalité, mais dépasse les recommandations de l'Académie suisse des sciences médicales (ASSM). En effet, le code pénal ne pose que trois critères: que la personne se suicide elle-même, qu'elle soit capable de discernement et que la personne qui l'assiste soit mue par un mobile altruiste.

Un nouveau pas

Pour le professeur Christian Kind, président de la commission d'éthique de l'ASSM, Exit franchit un pas supplémentaire: "C'est un nouvel élargissement du champ d'activités d'Exit. Celles-ci avaient déjà été étendues à des patients qui souffrent de maladies incurables, mais non mortelles à court terme. Elles le sont maintenant également à des personnes qui n'ont pas de maladies incurables", a-t-il dit à la RTS.

Christian Kind craint qu'il n'y ait "des pressions psychologiques, sociales pour les personnes âgées d'une part, et sur les médecins d'autre part pour assister aux suicides".