Les Zurichois voteront pour savoir s'ils veulent une seule langue étrangère à l'école primaire

Après Thurgovie, c'est au tour du canton de Zurich de s'attaquer à l'enseignement d'une deuxième langue étrangère à l'école primaire. Des enseignants ont récolté plus que les 6000 signatures nécessaires à leur initiative qui ne précise pas si c'est le français ou l'anglais qui doit être privilégié.

15 avr. 2016, 11:08
Pour les enseignants, les élèves de primaire sont démotivés à l'idée d'apprendre deux langues étrangères.

L'initiative exigeant qu'une seule langue étrangère soit enseignée à l'école primaire a officiellement abouti à Zurich. Elle a récolté plus que les 6000 signatures nécessaires, a indiqué vendredi le département de la justice et de l'intérieur.

L'initiative lancée par les enseignants zurichois ne précise pas quelle sera la langue étrangère, le français ou l'anglais, enseignée à l'école primaire. Selon les initiants, la réponse appartient aux politiques.

L'initiative propose de déplacer au secondaire l'enseignement de la deuxième langue étrangère en augmentant le nombre de leçons par semaine. Pour les enseignants, les écoliers sont dépassés par l'apprentissage de deux langues étrangères en primaire et ils perdent toute motivation.

Des initiatives similaires visant à repousser l'enseignement de la deuxième langue étrangère au secondaire ont été déposées, lancées ou sont en préparation dans plusieurs cantons alémaniques. En mars 2015, les citoyens nidwaldiens ont refusé par 67,1% une initiative de l'UDC exigeant la suppression d'une des deux langues étrangères à l'école primaire. Le texte visait le français.

En Thurgovie, le gouvernement a mis récemment en consultation son nouveau plan d'étude qui prévoit de supprimer l'enseignement du français à l'école primaire. L'entrée en vigueur est prévue en été 2017.

Ces initiatives ont provoqué un débat au niveau fédéral sur la place du français à l'école primaire en Suisse alémanique. A cette occasion, le conseiller fédéral Alain Berset avait déclaré que "les cantons connaissent très clairement la limite à ne pas franchir: pour le Conseil fédéral, il est essentiel qu'une deuxième langue nationale soit enseignée obligatoirement dès l'école primaire".