Les milieux économiques rejettent un alourdissement de la fiscalité

Le projet du Conseil fédéral d'accroître la taxation de l'électricité pour financer les énergies renouvelables n'est pas du goût des milieux économiques. Ils estiment que pareille mesure nuirait à de nombreuses entreprises.
06 août 2015, 15:27
Le Conseil fédéral est favorable à une ligne électrique aérienne. Sacha Bittel

Augmenter les taxes sur l'électricité ou en introduire de nouvelles nuirait à la compétitivité de la Suisse, estiment des organisations économiques sur la base d'une étude. Sans compter qu'une telle perspective n'apporterait pas de "progrès majeur" au niveau écologique.

Les taxes représentent actuellement 28% du prix de l'électricité, ont rappelé vendredi economiesuisse, l'Association des entreprises électriques suisses (AES) et le Groupement d'intérêt des industries à consommation intensive d'énergie (IGEB). Ces trois acteurs s'engagent dans le but de réduire au mieux les coûts de production.
 
Leur démarche se veut une réponse à la volonté du Conseil fédéral d'accroître la fiscalité sur l'électricité pour financer les énergies renouvelables. Elle se fonde sur les résultats d'une étude menée par l'Institut für Wirtschaftsstudien Basel (IWSB).
 
Les trois organisations relèvent qu'en Allemagne l'encouragement "effrénée" des renouvelables a "fait grimper les prix de l'électricité et acculé de nombreuses entreprises à la faillite". Les auteurs de l'étude déconseillent en conséquence le recours à une "large" politique de subventions.
 
En revanche, ils prônent l'intensification de la recherche énergétique "afin que les énergies renouvelables deviennent compétitives plus rapidement". De plus, ils suggèrent d'exempter de taxes les entreprises grosses consommatrices d'électricité, à l'instar de ce qui se passe dans certains pays.
 
Dans sa conclusion, l'IWSB estime que les augmentations prévues des taxes sur l'électricité n'atteindront pas l'effet incitatif visé, même si elles généreront de nouvelles recettes pour l'Etat. Par ailleurs, les trois organisations économiques suggèrent que la Suisse ne fasse pas cavalier seul au niveau international.