Le Ministère public ne fera pas recours dans l'affaire Rocchi

Le Ministère public neuchâtelois renonce à faire recours dans l'affaire liée au journaliste Ludovic Rocchi.

24 juin 2014, 10:00
Pas de levée des scellés sur le matériel informatique du journaliste Ludovic Rocchi.

Le 13 août 2013, le Ministère public avait procédé à des perquisitions chez le journaliste du Matin Ludovic Rocchi, ainsi que dans sa chambre d'hôtel à Locarno, pour déterminer d'où ce dernier tirait ses informations au sujet du professeur de l'Université Sam Blili, auteur d'un plagiat partiel.

En mai dernier, le Tribunal des mesures de contrainte de La Chaux-de-Fonds désavouait le Ministère public, estimant que ces perquisitions étaient illicites, car "elles ne respectaient pas le principe de proportionnalité, la liberté de la presse devant primer sur les nécessités de l'enquête dans l'affaire en question". La cour refusait dès lors la levée des scellés sur le matériel informatique du journaliste.

Le Ministère public en reste là

Dans un commnuniqué publié ce mardi matin, le procureur général Pierre Aubert indique que le Ministère public renonce à recourir contre ce refus de levée des scellés. Il admet que cette affaire ne présente "sans doute" pas le caractère exceptionnel qu'exige la Cour européenne des droits de l'homme pour justifier une telle enquête, en particulier la levée des scellés.

La jurisprudence de cet organe supranational estime qu'il faut des circonstances tout à fait particulières pour que l'intérêt public à la préservation du secret de fonction l'emporte sur la liberté d'expression. Une notion sur laquelle se fondent la liberté de la presse et la protection des sources.

Pierre Aubert se permet une pique au passage: "Il n'en pense pas moins que cette manière de voir, très favorable à la presse et, en définitive, aux fonctionnaires qui choisissent de court-circuiter leur hiérarchie en portant des questions internes sur la place publique, n'est pas non plus sans poser de problèmes susceptibles de nuire au bon fonctionnement d'une société démocratique (...)."