Le Jordanien de Bienne privé de sol suisse durant plusieurs années

L'Office fédéral de la police a prononcé une interdiction de territoire à l'encontre du jeune Jordanien inculpé au Kenya en juin. Il constituerait une menace pour la sécurité intérieure.
06 août 2015, 15:24

Le gymnasien d'origine jordanienne qui a résidé à Bienne avant d'être inculpé en juin au Kenya reste interdit d'entrée en Suisse. L'Office fédéral de la police (fedpol) a prononcé vendredi une interdiction de plusieurs années, sans préciser leur nombre exact.

En juillet, le gymnasien avait reçu une interdiction d'entrée temporaire fixée à six mois. "Les clarifications supplémentaires entreprises par la suite ont confirmé que (le gymnasien) constituait un danger pour la sécurité intérieure de la Suisse", selon un communiqué publié vendredi par fedpol.
 
Les autorités suisses ajoutent que l'interdiction d'entrée prononcée se base sur des informations du Service de renseignement de la Confédération. Une telle mesure vise à "sauvegarder la sécurité intérieure et extérieure de la Suisse", qui peut être compromise notamment en présence d'un risque de terrorisme, d'extrémisme violent ou de criminalité organisée, selon fedpol.
 
Le gymnasien jordanien conserve la possibilité de faire recours auprès du Département fédéral de justice et police (DFJP).
 
Ces dernières années, fedpol a prononcé environ 150 interdictions d'entrée par année.
 
Membre des shebab
 
Le gymnasien a été inculpé au Kenya pour ses liens présumés avec les insurgés islamistes somaliens. Un tribunal de Nairobi l'a inculpé le 6 juin pour son "implication dans des activités criminelles organisées", en tant que membre des shebab, un groupe islamiste qui se réclame d'Al-Qaïda.
 
Des indices clairs montrent que cette personne a séjourné dans des régions de la Somalie dans lesquelles se trouvent des groupes jihadistes impliqués dans un conflit, avait écrit en juin dernier le Département fédéral de justice et police (DFJP) dans un communiqué. Il semble aussi, selon les autorités suisses, que cette personne ait entretenu des contacts avec des éléments islamistes en Suisse.
 
Plusieurs Européens ont été arrêtés dans la première partie de 2012 au Kenya, soupçonnés de participation à la préparation d'attentats ou de liens avec les shebab.
 
Révocation de l'asile
 
Présent actuellement au Kenya, le Jordanien de 19 ans qui possède le statut de réfugié va être placé sous la protection du bureau local du Haut Commissariat de l'ONU pour les réfugiés (HCR). En Suisse, l'Office fédéral des migrations (ODM) a engagé une procédure de révocation de l'asile.
 
Si une décision de révocation de l'asile devait être prise, il pourrait recourir au Tribunal administratif fédéral (TAF). Son avocat Stefan Disch a confirmé en juillet qu'un recours serait déposé.
 
En cas de révocation de l'asile, le Jordanien ne peut pas être renvoyé dans son pays d'origine en raison de sa qualité de réfugié reconnu par le HCR. L'ODM ne prévoit pas pour l'instant d'engager une procédure pour lui retirer ce statut.