Lausanne: médecin condamné pour contrainte sexuelle

Le Ministère public a requis lundi devant le Tribunal cantonal vaudois une condamnation pour contrainte sexuelle contre un médecin abuseur de 54 ans.

15 oct. 2012, 18:33
Le médecin, qui exerce toujours à l'heure actuelle après une suspension administrative de six mois, a assuré n'avoir jamais commis d'autre acte sexuel sur les 50'000 patients qu'il estime avoir connus au cours de sa carrière de 26 ans.

Le procès d'un médecin de 54 ans a repris lundi devant la Cour d'appel du Tribunal cantonal vaudois. Entre 1995 et 2007, il a commis plusieurs actes d'ordre sexuels sur deux patientes qui avaient été violées dans leur enfance.

Le Ministère public a requis une condamnation pour contrainte sexuelle. La défense a nié toute intention du médecin de satisfaire un besoin sexuel. Le jugement sera notifié aux parties par écrit ultérieurement.

Après une formation de deux ans en psychiatrie, le généraliste a entrepris avec ses deux victimes un traitement psychothérapeutique. Pour "extirper le mal de leur corps", il s'est livré à de graves attouchements sexuels. Ces "actes symboliques", qui ne se fondaient sur aucune indication médicale, étaient guidés par "son ressenti".

Le médecin, qui exerce toujours à l'heure actuelle après une suspension administrative de six mois, a assuré n'avoir jamais commis d'autre acte sexuel sur les 50'000 patients qu'il estime avoir connus au cours de sa carrière de 26 ans. Devant les juges, il a déclaré avoir agi dans le but de "libérer" et "d'autonomiser" ses patientes. Il a relativisé la gravité de ses actes, soulignant "qu'il n'y a pas eu mort d'homme".

Cause renvoyée

Pour ces faits, l'homme a été condamné par le Tribunal correctionnel de Lausanne en juin 2011 à 2 ans et cinq jours d'emprisonnement, dont neuf mois ferme, pour actes d'ordre sexuel sur une personne incapable de discernement ou de résistance. Le jugement a été réformé en septembre 2011 par le Tribunal cantonal, qui a condamné le médecin pour contrainte sexuelle.

En juin 2012, le Tribunal fédéral a annulé l'arrêt et renvoyé la cause au Tribunal cantonal, pour qu'il réexamine la qualification juridique des actes commis, "en distinguant précisément les éléments ressortissant à la relation de dépendance thérapeutique et à son exploitation de ceux susceptibles de constituer la contrainte".