La Suisse veut former les délinquants maghrébins chez eux

Pour encourager le retour volontaire des ressortissants maghrébins multirécidivistes, les cantons pourraient leur financer une formation professionnelle dans leur pays.

29 mars 2012, 19:50
prison

Un «plan  Maghreb», projet pilote élaboré par le canton de Genève, veut faire  des émules en Suisse. L'Office fédéral des migrations (ODM) l'a présenté ce jeudi aux canton.

Chaque jour de détention coûte 400 à 450 francs, alors qu'une  aide à la réinsertion professionnelle s'élève à 4000 francs maximum,  a indiqué la conseillère d'Etat genevoise Isabel Rochat dans  l'émission «Forum» de la RTS. Ce «plan Maghreb» a déjà été mis en  place à Genève.

Les ressortissants maghrébins reçoivent 1000 francs lorsqu'ils  sont dans l'avion qui les ramène dans leur pays, a détaillé la  ministre cantonale en charge de la sécurité. A leur arrivée, cette  somme est utilisée pour leur formation. Une fois qu'une organisation  non gouvernementale sur place a validé la viabilité du projet, ces  personnes reçoivent encore 3000 francs au maximum.

Selon Mme Rochat, un certain nombre de renvois a été réalisé. Les  ressortissants maghrébins ne sont pas revenus, a-t-elle assuré.  Seuls les multirécidivistes présents à Genève depuis des années  peuvent bénéficier d'une telle mesure, a encore dit la conseillère  d'Etat, interrogée sur l'attrait que pourrait susciter un tel projet.

«C'est un palliatif en attendant la signature des accords de  réadmission» et en raison de la surpopulation carcérale, a-t-elle  insisté. «La délinquance de rue n'est plus supportable pour la  population genevoise».

Et de préciser que le projet est financé par un fonds alimenté  par les recettes de la police. «Pas question d'utiliser un franc des  contribuables».

Présenté aux cantons

La conseillère fédérale Simonetta Sommaruga cautionne ce projet.  Jeudi, le directeur de l'Office fédéral des migrations (ODM) Mario  Gattiker l'a présenté aux directeurs cantonaux de justice et police.  «Il veut construire un modèle qui sera appliqué à d'autres cantons»,  selon Isabel Rochat.

Entre 2008 et 2011, 1060 petits criminels Tunisiens, Marocains,  Egyptiens et Algériens ou affirmant venir de Libye, d'Irak ou de  Palestine ont été recensés dans le canton de Genève, selon les  statistiques publiées lundi.

Mercredi à Berne, la Suisse a paraphé un accord de réadmission  avec la Tunisie. Le texte fixe notamment «les fondements de  l'encouragement au retour volontaire et les modalités des renvois  forcés dans le pays d'origine». Cet accord est le premier avec un  Etat d'Afrique du Nord.