La stratégie énergétique 2050 est sous toit et elle est moins ambitieuse que le projet initial

Des buts de production du courant vert plus modestes et des mesures adaptées aux entreprises: le virage vers une Suisse plus verte sera modéré. La stratégie énergétique 2050 est sous toit. Le Conseil des Etats a éliminé lundi les dernières divergences de ce volumineux paquet. L'interdiction de construire de nouvelles centrales nucléaires est tout de même maintenue.

19 sept. 2016, 15:30
Les objectifs de production de courant vert sont plus modestes qu'escomptés.

Des buts de production du courant vert plus modestes et des mesures adaptées aux entreprises: le virage vers une Suisse sans atome sera modéré. La stratégie énergétique 2050 approuvée par le Parlement est nettement moins révolutionnaire que le projet initial.

Le Conseil des Etats a mis lundi la dernière main à ce volumineux paquet en éliminant les dernières divergences. Petit retour en arrière.

Mars 2011. La catastrophe nucléaire de Fukushima secoue le monde, y compris la classe politique suisse. Lancée par la conseillère fédérale Doris Leuthard trois mois plus tard, la stratégie énergétique 2050 promet un véritable tournant vert.

L'énergie issue de l'atome doit être progressivement remplacée par celle produite par le vent, le soleil, l'eau ou encore les déchets. Ménages et entreprises sont invités à participer à l'effort en réduisant leur consommation. Et les véhicules sont sommés d'être plus propres.

Rester raisonnable

Aujourd'hui, Fukushima semble très loin, et la réforme de Doris Leuthard a pris un tout autre visage. Les parlementaires bourgeois ont finalement préféré ne pas toucher aux centrales nucléaires. Sur les cinq en fonction, seule Mühleberg sera débranchée par son exploitant, les BKW, qui ne la juge plus assez rentable. Les autres ne pourront pas être remplacées une fois débranchées.

Les objectifs de production d'énergie verte ont été revus à la baisse. Des 11'500 gigawatts (GW) d'ici 2035 prévus initialement, la barre a été descendue à 11'400 GW. Un objectif jugé plus réaliste par la droite.

Afin de favoriser la construction d'éoliennes ou de barrages d'une certaine importance dans des sites protégés, l'intérêt de l'utilisation des énergies renouvelables est mis sur le même pied que celui de la protection de la nature. Les sénateurs se sont finalement ralliés à cette version.

La production de courant propre sera davantage soutenue, grâce notamment aux consommateurs, qui devront mettre la main au portemonnaie. La taxe d'incitation va augmenter à 2,3 centimes par kilowattheures (kWh). De quoi soutenir davantage d'installations solaires en attente d'une aide financière.

Dite rétribution à prix coûtant, le coup de pouce au courant vert sera abandonné au profit de primes à l'injection, un système plus proche du marché. Le montant de la rétribution variera. Le but est de pousser les producteurs à injecter le courant lorsque la demande est forte. Une aide à l'investissement, limitée dans le temps, est prévue pour les projets qui ne peuvent bénéficier de ce programme.

Acheter des soutiens

Les grands barrages hydrauliques, pas prévus initialement dans le projet, repartent avec une belle part du gâteau. Volant au secours d'Alpiq, d'Axpo et des autres exploitants souffrant des bas prix de l'électricité, les parlementaires leur ont accordé une prime de 1 ct/kWh hors TVA. Ce soutien doit durer six ans.