La Poste: les critères de distribution du courrier dans les régions reculées seront revus

Des députés déplorent la décision de La Poste d'abandonner la livraison du courrier dans certaines régions isolées. Leurs motions demandant de revoir les critères de distribution ont été adoptées.

12 sept. 2016, 20:05
Les deux députés déplorent la décision de La Poste d'abandonner progressivement la livraison du courrier dans certaines régions isolées. (illustration)

Il faudra revoir les critères définissant la distribution du courrier dans les régions reculées. Le Conseil national a adopté lundi par 120 voix contre 55 deux motions des conseillers nationaux neuchâtelois Raymond Clottu (UDC) et Jacques-André Maire (PS).

Les deux députés déplorent la décision de La Poste d'abandonner progressivement la livraison du courrier dans certaines régions isolées. Ils demandent au Conseil fédéral de revoir l'ordonnance selon laquelle la tournée du facteur soit éliminée pour toute zone comptant moins de cinq maisons à l'hectare ou si le temps nécessaire pour desservir une maison habitée dépasse deux minutes.

Selon les motionnaires, cette "dérive" pourrait à terme exclure des services de la Poste des régions entières, jugées peu rentables. En 2015, 1005 ménages étaient déjà exclus de la distribution, a illustré M. Clottu, une évolution à la hausse. Selon lui, il est temps de donner "un tour de vis" à La Poste, voire de supprimer son monopole pour la distribution des lettres jusqu'à 50 grammes.

Image écornée

Pour Jacques-André Maire, c'est l'occasion pour La Poste d'améliorer son image, qui a été sérieusement écornée dans les régions périphériques.

Le Conseil fédéral est sensible aux modifications dans ce domaine, mais la distribution du courrier ne pourra pas se faire sans exceptions, a expliqué en vain la ministre de la communication Doris Leuthard.

Et de demander "quand avez-vous été la dernière fois dans un office postal? Comment payez-vous vos factures?" Les modifications structurelles sont constantes dans ce domaine, La Poste doit pouvoir y réagir, avec le peu de marge de manoeuvre qu'elle a, a plaidé la conseillère fédérale.

Le Conseil des Etats doit encore se prononcer sur les deux motions.