La culture et l'exportation de cannabis médical devraient être permises en Suisse

La conseillère nationale Christa Markwalder (PLR/BE) veut autoriser la culture et l'exportation de cannabis médical. Elle y voit notamment un débouché pour de nombreux paysans suisses qui pourraient dégager un revenu supplémentaire.

24 mai 2018, 12:28
La conseillère nationale Christa Markwalder (PLR/BE) espère notamment que sa motion serve de débouché pour les paysans suisses.

La culture et l'exportation de cannabis médical devraient être autorisées en Suisse. Le Conseil fédéral est prêt à soumettre une révision de loi en ce sens au Parlement, comme le demande la conseillère nationale Christa Markwalder (PLR/BE) dans une motion.

La question devrait être traitée dans le cadre des travaux en cours sur le cannabis et en tenant compte des obligations internationales qui prévoient des conditions strictes et la mise en place d'un organe de contrôle national, précise le gouvernement dans sa réponse publiée jeudi.

Christa Markwalder y voit entre autres un débouché pour de nombreux paysans suisses qui pourraient dégager un revenu supplémentaire de près de 10'000 francs par are. Un nouveau marché mondial des médicaments et compléments alimentaires à base de cannabis voit le jour. Son potentiel est estimé à une fourchette allant de 50 à plusieurs centaines de milliards de dollars.

Le Canada, l'Uruguay et les Pays-Bas ont déjà légalisé l'exportation du cannabis médical. L'Australie, Israël et la Jamaïque devraient suivre.

Projets pilotes

Le Conseil fédéral n'est toutefois pas prêt à aller jusqu'à mettre le cannabis et l'alcool fort sur un pied d'égalité concernant leur culture, leur commerce et leur consommation, comme le souhaite Heinz Siegenthaler (PBD/BE) dans une motion. Cela reviendrait à légaliser le cannabis.

Un tel revirement radical dans la politique des drogues serait susceptible d'affecter certains accords internationaux et ses effets sur la santé publique sont, pour l'heure, difficiles à estimer.

Le gouvernement n'en reconnaît pas moins que l'actuelle interdiction agit de manière insuffisante. La consommation ne diminue pas, le marché noir se développe, il n'y a aucun contrôle de la qualité, et la sécurité des consommateurs n'est pas garantie. Par ailleurs, la répression, qui mobilise d'énormes ressources, s'avère peu efficace.

Le Conseil fédéral entend donc examiner de nouvelles approches. Il soutient à ce titre l'idée de projets pilotes visant la remise contrôlée de cannabis. Il se penchera par ailleurs cet été sur une éventuelle autorisation de cette substance en tant que médicament visant à traiter les maladies graves et l'inscrire sur la liste des spécialités.