La Confédération ouvre une enquête contre un djihadiste suisse qui retient sa femme en Syrie

Un djihadiste binational suisse et turc retiendrait actuellement sa femme d'origine allemande, contre son gré, en Syrie. Le Ministère public de la Confédération a ouvert une enquête prioritaire.

05 mars 2015, 07:57
A follower of the banned Islamic-oriented Hizb Al-Tahrir chants anti-Bashar Assad slogans and waves an Al-Tahrir flag, during a demonstration in front of the Syrian embassy to condemn the peace talks in Switzerland between the Syrian government and the opposition, in Amman, Jordan, Wednesday, Jan. 22, 2014. The  black flag Arabic writing reads, "there is no God but Allah and Muhammad his messenger." (AP Photo/Mohammad Hannon)

Le Ministère public de la Confédération (MPC) a ouvert en novembre dernier une enquête pénale contre un djihadiste présumé de Suisse orientale. Actuellement en Syrie, il y retiendrait contre son gré son épouse, d'origine allemande.

L'homme est soupçonné d'appartenance à une organisation terroriste, a déclaré le procureur général de la Confédération Michael Lauber mercredi soir lors de l'émission "Rundschau" de la TV alémanique SRF.

Le djihadiste présumé bénéficie de la double nationalité suisse et turque. Il vivait à Arbon en Thurgovie, a précisé M. Lauber. Du fait de sa nationalité helvétique, on ne peut pas empêcher son retour en Suisse.

Ce cas est prioritaire parmi les vingt que le MPC suit actuellement, selon le procureur général. La dangerosité des menaces diffusées par l'homme via Internet est toutefois difficile à évaluer. Selon ce qu'a montré l'émission, l'homme s'est entre autres vanté de pouvoir faire sauter une gare.

Selon les recherches de la SRF et des "Stuttgarter Nachrichten", l'homme aurait rallié le Front al-Nosra, affilié à Al-Qaïda. Sa femme enceinte, une Allemande, l'aurait rejoint en octobre dans l'idée de passer des vacances en Turquie. Mais le couple se serait rendu en Syrie, et l'épouse n'est pas rentrée depuis.

L'éventuelle séquestration de son épouse ne fait toutefois pas partie des investigations du MPC. Selon l'agence de presse allemande dpa, le Ministère public du Bade-Wurtemberg enquête sur ce cas