L'agressivité au volant est à l'origine de 5 à 10% des accidents en Suisse

Une analyse du Bureau de prévention des accidents (BPA) établit que l'origine de 5 à 10% des accidents routiers est due à l'agressivité des conducteurs.
07 août 2015, 14:20
Les réactions agressives sont favorisées par l'anonymat de l'environnement routier et la probabilité plutôt faible de rencontrer à nouveau un autre usager de la route, relève le bpa.

Les comportements agressifs sont à l'origine de 5 à 10% des accidents routiers, selon une analyse du Bureau de prévention des accidents (bpa) publiée mardi. Sur la base des données disponibles, il n'est toutefois pas possible d'établir si ces comportements ont augmenté ces dernières années.

Les données sont lacunaires et les définitions des comportements agressifs varient, explique le bpa dans un communiqué. L'organe de prévention cite notamment les menaces, les gestes de colère, le fait de klaxonner, un style de conduite qui met en péril la sécurité, en particulier le talonnement intentionnel et le dépassement sans égards.

Sans surprise, l'analyse du bpa révèle que les personnes d'un certain âge s'énervent moins et se comportent de manière moins agressive que les jeunes, et que les comportements agressifs sont plus répandus chez les hommes que chez les femmes, "surtout en ce qui concerne les formes les plus violentes".

La colère est plus fréquemment déclenchée par d'autres personnes - par exemple quelqu'un qui vous coupe la route - que par des mesures d'aménagement comme un chantier.

Anonymat de l'environnement routier

Au palmarès des comportements qui provoquent les plus grosses colères, le bpa énumère: passer devant les autres et chiper une place de stationnement, ne pas baisser ses phares lors d'un croisement nocturne, talonner un véhicule, accélérer pour empêcher un dépassement ou encore rouler à gauche sur l'autoroute.

Les réactions agressives sont favorisées par l'anonymat de l'environnement routier et la probabilité plutôt faible de rencontrer à nouveau un autre usager de la route, relève le bpa. Les possibilités limitées de communiquer jouent aussi un rôle. Détail piquant révélé par l'étude: les usagers de la route ont l'impression que les autres sont nettement plus agressifs que soi-même.

Pour réduire le nombre d'accidents dus à l'agressivité, l'organe de prévention propose des mesures d'homogénéisation des vitesses et de contrôle de la distance de sécurité. Mais il conseille aussi aux automobilistes de remettre en question leur propre comportement en s'efforçant de conduire avec égard et tolérance et en compensant les erreurs des autres usagers de la route.