Kofi Annan parle de mouvements contradictoires de l'armée syrienne

L'émissaire international pour la Syrie, Kofi Annan, a déclaré mardi que l'armée syrienne se retire de certains endroits, mais se déplace dans d'autres.

10 avr. 2012, 18:11
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Le plan de sortie de crise conçu par Kofi Annan ne semble pas être suivi par les forces gouvernementales. "L'armée syrienne se retire de certains endroits mais se déplace dans d'autres qui n'étaient pas visés auparavant", a déclaré M. Annan au cours d'une conférence de presse. Il s'exprimait après avoir visité un camp de réfugiés syriens à la frontière turque.

"Pendant 48 heures, nous n'allons pas attaquer l'armée, nous nous défendrons seulement. Si les bombardements ne cessent pas et que les chars ne sont pas retirés, nous passerons à l'attaque et intensifierons nos opérations militaires", a pour sa part prévenu le colonel Kassem Saadeddine, porte-parole de l'Armée syrienne libre (ASL).

Le plan de paix de l'émissaire international Kofi Annan exige de Damas le retrait de ses troupes des villes mardi au plus tard en vue d'un cessez-le-feu, une mesure qui n'a pas été constatée par les militants sur le terrain mais que le pouvoir a assuré avoir entamée. Le plan donne également aux rebelles 48 heures pour cesser les combats.

Méfiance

Le régime "aurait dû achever le retrait aujourd'hui mais, sur le terrain, nous n'avons constaté aucun pas dans cette direction. Au contraire, les bombardements de l'artillerie et au mortier se poursuivent et des troupes ont été envoyées en renfort dans des régions comme la province de Hama (centre)", a souligné le colonel Saadeddine.

Le responsable rebelle a exprimé son scepticisme. "Nous ne faisons aucune confiance au régime et nous ne nous attendons pas à ce qu'il retire les chars ou cesse le combat", a-t-il indiqué. L'ASL, qui compte de nombreux militaires dissidents, dit protéger les civils et les villes face à la répression dont certaines étaient encore mardi sous les bombardements de l'armée.