Immobilier: «on construit beaucoup trop, c’est de la folie»

Pour Bernard Nicod, promoteur immobilier de la région lausannoise, les Suisses construisent beaucoup trop de logements, en particulier dans le canton de Vaud où 4512 logements sont vacants. Selon lui, le pays «a perdu de son attractivité pour les étrangers».

15 oct. 2019, 11:42
Le promoteur immobilier Bernard Nicod a été interrogé mardi dans le journal 24 heures. (Archives)

Le promoteur immobilier Bernard Nicod estime que l’«on construit beaucoup trop» de logements. Dans le canton de Vaud, «le nombre de logements vides est en train d’exploser et devrait dépasser 6000 au printemps prochain», avance-t-il.

Début septembre, l’Office fédéral de la statistique indiquait qu’au 1er juin 2019 plus de 75’000 logements n’avaient pas trouvé preneur, soit 4,2% de plus en l’espace d’un an. Dans le canton de Vaud, ce sont 4500 biens qui étaient annoncés vides à la même date.

Interrogé mardi dans 24 heures, le promoteur immobilier Bernard Nicod souligne que si effectivement l’on s’approche du taux de vacance jugé équilibré, soit 1,5%, «le problème ne s’arrête pas là».

Folie

«On construit beaucoup trop. C’est de la folie». Au rythme des constructions actuelles, il considère «qu’on dépassera un taux de 2% au printemps prochain». Et d’ajouter plus loin que le moteur c’est l’emploi et qu’«il ne progresse plus».

Mes prévisions aussi bien économiques que démographiques sont nettement moins roses que les officielles.
Bernard Nicod, promoteur immobilier vaudois

«Certes, nous avons tout pour plaire: une nature magnifique, des hautes écoles et universités de renommée mondiale, des musées et le CIO, pour ne citer qu’eux, mais la Suisse – tout comme Vaud – a perdu de son attractivité pour les étrangers, et mes prévisions aussi bien économiques que démographiques sont nettement moins roses que les officielles», poursuit le magnat de l’immobilier.

Interrogé sur les risques de cette situation d’abondance, Bernard Nicod évoque des quartiers fantômes et de «très gros actifs, 35 à 40 milliards de francs, sans rendement. Donc des entreprises et des propriétaires en difficulté».