Immigration: un vote de raison qui ne fait pas pour autant oublier le 9 février

Le "non" à l'initiative Ecopop ne suffit pas à effacer les effets du 9 février. Mais les Suisses ont montré qu'ils ne sont pas prêts à accepter des mesures radicales contre l'immigration.

30 nov. 2014, 15:54
Les médecins-assistants et les chefs de cliniques disent "non" à Ecopop.

Les milieux économiques helvétiques étaient unanimes dimanche: en refusant nettement l'initiative Ecopop, les citoyens suisses ont montré qu'ils ne sont pas prêts à accepter des mesures radicales contre l'immigration. Ce résultat positif ne suffira néanmoins pas à gommer les effets du 9 février.

"Nous ne nous attendions pas à un résultat aussi net", s'est réjoui Rudolf Minsch, économiste en chef chez economiesuisse. En glissant massivement un "non" dans l'urne, ses compatriotes ont montré "qu'ils ne veulent pas envenimer la situation avec l'Union européenne", ce qui constitue "un signal fort" envers Bruxelles. Reste que "cette votation ne peut pas faire oublier l'acceptation de l'initiative de l'UDC contre l'immigration de masse".

Même son de cloche du côté de l'Union patronale suisse: dans un communiqué, la faîtière dit "prendre au sérieux le malaise que les Suisses ont déjà exprimé en début d'année sur la question de l'immigration". Bien que moins radical que celui d'Ecopop, le texte de l'UDC "place notre pays face à des défis de taille". Et d'appeler le Conseil fédéral à mettre en oeuvre de façon "mesurée et non bureaucratique" la décision du 9 février, "tout en garantissant le maintien des accords bilatéraux avec l'UE".

Du côté de l'Union suisse des arts et métiers, l'heure est au soulagement: "la raison l'a emporté", écrit l'usam dans un communiqué. L'organisation rappelle que "des mesures encore plus draconiennes" que celles plébiscitées en début d'année "auraient causé des dommages sensibles aux petites et moyennes entreprises".