Genève: procès en appel du justicier octogénaire

Le procès en appel de l'octogénaire condamné en avril à trois ans de prison - dont dix ferme - pour avoir tiré sur des noctambules s'est tenu lundi à Genève. Le condamné a demandé le sursis complet.

09 sept. 2013, 16:09
Le restaurateur a voulu faire tuer l'amant présumé de son épouse en 2008.

A Genève, l'octogénaire qui avait tiré depuis son appartement sur des noctambules qui l'empêchaient de dormir demande le sursis complet. Il a été condamné en avril à trois ans de prison, dont dix ferme, pour tentative de meurtre. Le procès en appel a eu lieu lundi matin.

L'homme n'a, en revanche, pas contesté le verdict de culpabilité. Devant la Chambre pénale d'appel et de révision, il a confirmé les déclarations qu'il avait faites dans la procédure. "J'ai été agressé à mon domicile et je me suis défendu", a-t-il commenté. Et de préciser que, lors de cette nuit de janvier 2012, il n'a pas visé les deux fêtards, dont l'un a été touché au ventre, mais le mur.

Dans son recours, l'octogénaire demandait en outre une réduction, de 5000 à 1000 francs, de l'indemnité pour tort moral en faveur de la victime. Lundi matin, il a renversé la situation, expliquant vouloir être indemnisé dans la mesure où il a été agressé.

Insultes et menaces

"La provocation était très forte", a souligné son avocate, Férida Bejaoui Hinnen, plaidant le sursis complet à l'exécution de la peine. L'homme n'avait pas dormi depuis trois nuits, notamment à cause du bruit généré par la discothèque en bas de son immeuble, dans la vieille ville. La nuit du drame, il avait bu et avait été provoqué par les fêtards qui l'insultaient et le menaçaient.

De plus, il savait qu'il ne pouvait pas compter sur une intervention de la police, le quartier n'étant pas jugé prioritaire, a poursuivi l'avocate. Or, en raison de la tension qui y régnait, il avait auparavant averti le procureur général qu'il n'était pas exclu qu'il utilise son arme. Au vu des circonstances mais aussi de l'âge de son épouse, Me Bejaoui Hinnen en a appelé à la clémence des juges.

Prison méritée

De son côté, le Ministère public a conclu à la confirmation du jugement de première instance dans son intégralité. Dans son réquisitoire, le procureur Joël Schwarzentrub a relevé que la faute du prévenu est extrêmement lourde: à 20 minutes près, la victime était morte. Selon lui, l'octogénaire, un habitué des armes, n'a pas compris qu'il a fait une bêtise. Il mérite donc d'être incarcéré.

Quant au prévenu, élégant et distingué, il a rappelé qu'il n'avait jamais été agressé de la sorte lors de ses dix-sept tours du monde et de ses voyages dans des pays dits sauvages. Le tribunal rendra son jugement par écrit.