Fonds aux rescapés du tsunami utilisés pour compter des tortues

Des fonds destinés aux rescapés de Fukushima ont en fait servi à financer d'autres activités sans rapport avec la catastrophe, comme le comptage de tortues, entre autres.

03 juin 2013, 12:30
fukushima

Plus d'un milliard de francs de fonds publics destinés aux rescapés du séisme et du tsunami de mars 2011 au Japon ont été dépensés hors des zones touchées, a reconnu le gouvernement nippon lundi. Cette somme représente plus de la moitié des fonds initialement prévus pour la création d'emplois après la catastrophe.

D'après un article de presse, des fonds ont servi à des activités sans rapport, allant du décompte des tortues marines sur des plages semi-tropicales à la promotion du vin et du fromage à des centaines de kilomètres des zones dévastées.

Bien qu'il n'y ait pas à ce stade de soupçon de corruption, ces révélations ont mis dans l'embarras les autorités nippones, qui avaient déjà reconnu avoir financé un programme baleinier controversé avec des fonds prévus dans le cadre des efforts de reconstruction.

Cette fois, le quotidien "Asahi" a mené une enquête auprès des autorités locales du pays pour déterminer ce qu'il était advenu d'une somme totale de 200 milliards de yens (1,9 milliard de francs au taux de change actuel) prévue au budget 2011 pour la création d'emplois après le désastre.

Dans des zones épargnées

Les résultats font apparaître que 108,5 milliards de yens (quelque 1,03 milliard de francs) avaient été dépensés dans des zones épargnées par le désastre qui avait ravagé la côte nord-est de l'archipel et entraîné la catastrophe nucléaire de Fukushima.

Dans ces zones non touchées, seuls 3% des bénéficiaires des aides étaient des réfugiés des régions ravagées, les 97% autres étant des habitants d'autres parties du Japon.

Parmi les projets n'ayant rien à voir avec la catastrophe, "Asahi" a rapporté que 3 millions de yens (28'500 francs) avaient été dépensés, entre autres, pour employer dix personnes à compter les tortues marines arrivant sur des plages de la préfecture de Kagoshima (sud), à 1300 km du nord-est ravagé.

Une opération de promotion du vin et du fromage de l'île de Hokkaido, située au nord des zones ravagées par le tsunami, a aussi bénéficié de ces fonds de crise.

Rescapés "disséminés"

Un responsable du ministère de la Protection sociale interrogé par l'AFP a expliqué que la situation était particulière dans les mois qui ont suivi la catastrophe. "Les rescapés du désastre étaient disséminés dans tout le pays et les chaînes d'approvisionnement (des usines) étaient perturbées", a souligné ce responsable.

Il a toutefois ajouté que les embauches réalisées avec de l'argent public pour la reconstruction étaient, depuis le mois d'avril dernier, strictement limitées aux personnes qui vivaient dans les zones ravagées au moment de la catastrophe.