Enquête sur la fuite du discours du chef de l'Armée Blattmann: un suspect dans le viseur

Les investigations de la justice de militaire dans le cas de l’enregistrement interdit et de la publication d’un discours du chef de l’armée prononcé devant des officiers d’état-major général ont abouti à une forte présomption de culpabilité. La justice militaire a ouvert une enquête ordinaire.

11 nov. 2016, 15:13
André Blattmann, commandant de l'armée.

Dans l'enquête entourant l'enregistrement furtif et la diffusion d'un discours controversé du chef de l'armée André Blattmann, la justice militaire a un suspect dans le viseur. M. Blattmann y attaquait violemment l'auteur d'une fuite et un journaliste. Une autre enquête sur la fuite elle-même n'a par contre pas abouti.

Les investigations dans le cas de l'enregistrement interdit et de la publication d'un discours du chef de l'armée prononcé à Brugg devant des officiers ont abouti à une forte présomption de culpabilité, écrit vendredi la justice militaire.

Une enquête ordinaire a été ouverte afin de déterminer s'il y a infraction pénale. La présomption d'innocence continue de s'appliquer. Concrètement, la justice militaire soupçonne cette personne d'avoir enregistré les propos du chef de l'armée à son insu avec un smartphone et de les avoir ensuite diffusés sur un forum de discussions en ligne.

"Traître à l'abattoir"

M. Blattmann avait déclaré en avril dernier devant un parterre de 150 officiers d'état-major lors d'un séminaire: "Je me réjouis que l'on arrête le malfaiteur, le traître et je me réjouis qu'on l'amène à l'abattoir".

Il faisait référence au responsable de la fuite de documents révélant des problèmes en lien avec le projet d'acquisition du nouveau système de défense sol-air BODLUV, suspendu depuis par le ministre de la défense Guy Parmelin.

André Blattmann avait ensuite dénigré le journaliste de la SRF Sandro Botz, lui reprochant d'avoir relayé la fuite, en faisant un jeu de mots insultant sur son nom de famille. La rédaction alémanique a exigé des excuses, le chef de l'armée s'est exécuté.

Le Département de la défense s'était distancié de ses propos, tout en rappelant que le discours avait été tenu dans un cercle privé. 

Philippe Rebord a entretemps été nommé chef de l'armée par le Conseil fédéral. Il succédera à M. Blattmann le 1er janvier 2017, ce dernier prenant sa retraite fin mars.

Autre enquête close

Concernant les fuites elles-mêmes sur BODLUV, la justice militaire a par contre fait chou blanc. Elle n'a pas pu les expliquer et trouver de coupable. L'enquête est close, annonce-t-elle également.

Les informations avaient été révélées dans l'émission "Rundschau" de la SRF et dans le dominical Zentralschweiz am Sonntag. Il s'agit d'informations confidentielles discutées et mentionnées au procès-verbal d'une séance sur le projet BODLUV, rappelle la justice militaire.

Malgré une vaste et intensive enquête, personne n'a pu être soupçonné de violation du secret de fonction, poursuit la justice. Les informations rendues publiques étaient connues d'un trop grand nombre de personnes.