Elle critique son ancien patron dans les avis Google: 1400 francs d’amende

Une Argovienne, assistante dentaire, a critiqué les méthodes de travail de son ancien patron dans les avis de Google Maps. Elle doit payer 1400 francs d’amende pour diffamation.
28 janv. 2019, 08:43
L'assistante dentaire a critiqué les méthodes de travail de son ancien employeur. (illustration)

Dans Google Maps, il est possible de donner son avis sur les lieux que l’on a visités, qu’il s’agisse de restaurants, de lieux culturels ou d’entreprises. Et forcément, cela peut engendrer des conflits entre l’évaluateur et l’évalué. Dans le canton d’Argovie, une jeune femme doit payer 1400 francs d’amende pour avoir critiqué son ex-patron.

La Suissesse de 20 ans, assistante dentaire, a écrit en octobre dernier un avis sur le cabinet de son ancien chef. Et le texte était tout sauf élogieux, comme le rapporte le quotidien alémanique Blick. «Pauvres patients, je suis vraiment désolée qu’ils ne savent rien. Il sourit par devant, mais par derrière, il déteste son travail et se fiche de ses patients… Quand les enfants pleuraient pendant le forage, il continuait, même quand ils n’étaient pas loin de suffoquer… pas étonnant que beaucoup d’enfants aient peur d’aller chez le dentiste. Je ne recommande vraiment pas ce praticien. Soyez prudent. Il est très mauvais, que ce soit pour un enfant ou un senior».

«Vous aurez de mes nouvelles»

La réponse du dentiste n’a pas tardé à venir. Sous la critique de son ancienne employée, il a répondu: «Vous aurez de mes nouvelles. Vous allez retenir la leçon.» L’évaluation a ensuite disparu de Google. Un mois plus tard, l’Argovienne a reçu une ordonnance pénale. La justice cantonale l’accuse de «diffamation» et la condamne à 30 jours-amende à 40 francs, ainsi qu’à deux amendes de 300 francs et 1100 francs. Elle a droit, en outre, à une inscription dans le casier judiciaire.

L’accusée a décidé de se défendre et a pris un avocat. «On ne peut pas écrire que des critiques positives. Sinon, pourquoi y a-t-il des avis Google?» Son avocat est d’ailleurs convaincu que la sentence sera évitée. «Il n’est pas question d’honneur, dans ce cas. Les déclarations de ma cliente avaient trait au travail professionnel du dentiste. Elle a expliqué comment il se comportait vis-à-vis d’elle et des patients. C’est légal.»

Le dentiste critiqué a, depuis, vendu son cabinet en Argovie et travaille dans le canton de Lucerne. Il n’a pas voulu faire de commentaire à ce sujet. L’ancienne employée a quant à elle trouvé un nouveau patron avec lequel elle se plaît.

par Marie Dorsaz