Droits humains: la communauté tibétaine demande au Conseil fédéral de s'engager davantage

La communauté tibétaine a interpellé le Conseil fédéral en lançant sa nouvelle campagne, avec à la clef une pétition et deux postulats parlementaires. Elle demande davantage d'engagement.

09 mars 2018, 12:48
Des membres de la communauté tibétaine en Suisse ont dansé vendredi matin devant le Palais fédéral.

La communauté tibétaine en Suisse demande au Conseil fédéral de s'engager davantage pour la protection des droits humains au Tibet mais aussi pour la protection des droits des Tibétains en Suisse. Elle a lancé vendredi à Berne sa nouvelle campagne, avec à la clé une pétition et deux postulats parlementaires.

Cinq ans après la signature de l'accord de libre-échange entre la Suisse et la Chine, la Société pour les peuples menacés (SPM) et plusieurs organisations tibétaines constatent une influence grandissante de la Chine et ses répercussions négatives sur le respect des droits fondamentaux des Tibétains et des Tibétaines en Suisse, constatent-elles pour justifier leur campagne commune et la pétition adressé au gouvernement helvétique.

Leur statut de personnes à protéger n'est pas suffisamment reconnu par la Suisse et leurs droits à la libre expression, à une identité propre, à la liberté de circulation et à la vie privée se retrouvent limités, dénoncent-elles. Un rapport sur le sujet a d'ailleurs été publié avec les témoignages de 14 Tibétains et Tibétaines évoquant les petites et grandes discriminations qu'ils subissent au quotidien en Suisse.

"Les manifestations et les rassemblements sur la situation au Tibet sont de plus en plus soumis à des restrictions et à des conditions. Cela ne doit pas être le cas (...) C'est une honte pour la démocratie", a affirmé Palmo Brunner, co-présidente de l'Association des jeunes Tibétains en Europe (VTJE).

Deux parlementaires mobilisées

Parallèlement, Maya Graf (Les Verts/BL) et Barbara Gysi (PS/SG) ont invité jeudi, dans deux postulats respectifs, le Conseil fédéral à faire une analyse complète des conséquences de l'accord de libre-échange avec la Chine sur le plan des droits humains et à évaluer le dialogue sur les droits humains avec la Chine en ce qui concerne le respect des droits de l'homme et des minorités.

Quant à la pétition, elle demande au Conseil fédéral "de s'engager plus activement au niveau international et vis-à-vis de la Chine pour le respect des droits humains au Tibet et la protection de la culture et de la langue tibétaines". Elle demande aussi que le gouvernement in corpore reçoive officiellement le dalaï-lama lors d'une prochaine visite en Suisse, ce qui n'a jamais été fait.

La campagne a été lancée à l'initiative de la SPM, la VTJE, l'Association d'amitié Suisse-Tibet (GSTF), la Communauté tibétaine pour la Suisse et le Liechtenstein (TGSL) et l'Organisation de femmes tibétaines en Suisse (TFOS).

L'Association d'amitié Suisse-Tibet est l'une des plus anciennes dans le monde et la Suisse abrite la plus importante colonie tibétaine hors d'Asie. La Suisse a été parmi les premiers pays à accueillir des réfugiés tibétains il y a près de 60 ans.