Droits humains: l'ONU demande à la Suisse d'intensifier sa lutte contre le racisme

Comme tous les autres États membres, la Suisse est régulièrement soumise à l'Examen périodique de l'ONU. Jeudi, celui-ci a révélé des lacunes dans la lutte contre le racisme et les violences domestiques, mais aussi dans l'égalité hommes-femmes et le droit des travailleurs migrants.

09 nov. 2017, 12:57
/ Màj. le 09 nov. 2017 à 13:10
En tant que membre de l'ONU, la Suisse doit être soumise à l'Examen périodique universel (EPU).

Lutte contre le racisme mais aussi travailleurs migrants, violences contre les femmes ou encore responsabilité internationale des multinationales. Les Etats membres de l'ONU ont appelé jeudi la Suisse à Genève à des améliorations sur ses droits de l'homme.

Pour la troisième fois et la première depuis 2012, la Suisse était passée au crible de l'Examen périodique universel (EPU) du Conseil des droits de l'homme. Plusieurs pays ont salué le projet de loi pour établir une institution nationale des droits de l'homme qui constituait l'une de leurs principales demandes il y a cinq ans.

Même si certains souhaitent davantage d'efforts sur cette structure et sur la compatibilité des initiatives populaires avec les obligations internationales de la Suisse.

Parmi les souhaits mentionnés jeudi, le plus fréquent a appelé à intensifier la lutte contre le racisme, la xénophobie ou l'intolérance. Le Venezuela a ciblé "l'extrême droite" et certains médias. L'adoption d'un plan national et une révision du Code pénal ont notamment été recommandées. Ou encore une loi contre toutes les discriminations.

Asile mentionné par les Etats-Unis

Les Etats-Unis ont demandé une révision de la loi sur l'asile pour éviter une rétention trop longue des requérants et davantage de ressources pour les prisons. Comme d'autres, ils souhaitent un effort contre la discrimination à l'égard des migrants.

Plusieurs pays ont déploré que la Suisse ne soit toujours pas partie à la Convention contre les violences à l'égard des femmes, notamment celles domestiques. Cette mesure "est en cours", a affirmé la cheffe de la délégation suisse, la secrétaire d'Etat aux affaires étrangères Pascale Baeriswyl. Le Parlement fédéral a récemment validé la ratification.

Autre demande, la Suisse devrait être partie à la Convention sur la protection des travailleurs migrants. Elle devrait aussi renforcer ses efforts sur la participation des femmes et l'égalité des salaires avec les hommes. Les discriminations à l'égard des LGBTI ou, dans le contexte de l'initiative pour des multinationales responsables, l'engagement des entreprises en matière des droits de l'homme dans leurs activités internationales ont été abordés.

Les recommandations seront compilées dans un rapport attendu mardi. La Suisse devra ensuite dans les prochains mois dire lesquelles elle accepte.