Drame de Payerne: Béatrice Métraux conteste à nouveau toute faute de ses services

Béatrice Métraux conteste à nouveau vendredi toute faute de ses services dans le suivi de Claude D., assassin présumé de Marie près de Payerne (VD).

24 janv. 2014, 17:41
Sylvie Bula (à gauche), cheffe du Service pénitentiaire vaudois et Béatrice Métraux, cheffe du Dpt des institutions et de la sécurité, lors du point presse concernant la mise à disposition du public de deux documents relatifs à l'affaire Claude D..

Béatrice Métraux conteste à nouveau toute faute de ses services dans le suivi de Claude D., assassin présumé de Marie près de Payerne (VD). La conseillère d'Etat vaudoise a rendu public et
commenté vendredi des documents mentionnés par un député dans une interpellation.

"Je conteste formellement que nous ayons sous-estimé la dangerosité de Claude D., je conteste formellement que l'Office d'exécution des peines (OEP) avait une image idyllique de Claude D. (...) et je pense que le département (...) a été d'une grande transparence", a déclaré vendredi après-midi Béatrice Métraux lors d'une conférence de presse convoquée à la dernière minute.

Extrêmement tendue, la conseillère d'Etat a nié avoir mis en cause la juge d'application des peines (JAP) qui a permis à Claude D. de retrouver les arrêts domiciliaires. "Je n'ai jamais pointé la juge, j'ai simplement dit que dans ses décisions l'histoire de la dangerosité n'avait pas été examinée. (...) Je n'ai pas prononcé une seule parole contre la juge", a affirmé la cheffe du Département des institutions et de la sécurité (DIS).

Déclarations fracassantes

Après le meurtre de Marie à la mi-mai, l'expert Felix Bänziger a rendu un rapport selon lequel aucun comportement répréhensible ne pouvait être reproché à quiconque. Depuis là, les différents intervenants se déchirent. En prenant pour cible la JAP, la Commission de haute surveillance du Tribunal cantonal (CHSTC) a enflammé les esprits.

Dans son interpellation déposée mardi, le député PLR Marc-Olivier Buffat se demande si le DIS a "vraiment" communiqué toutes les informations et documents disponibles. Il mentionne des éléments qui, selon lui, montrent que l'Office d'exécution des peines était "positif" envers Claude D.

Interprétation fausse

Béatrice Métraux rejette catégoriquement une telle interprétation et souligne que les textes émanent de la Fondation vaudoise de probation et non pas de l'OEP. Elle affirme que Claude D. voulait se faire passer pour un détenu modèle, mais que cela n'a pas trompé ses services.

Questionnée sur la décision de la JAP qui admet le recours, mais note que l'OEP peut ordonner la réincarcération immédiate du condamné si des motifs le commandent, la cheffe du Service pénitentiaire (SPEN) Sylvie Bulla a affirmé qu'il aurait fallu "un élément nouveau" pour prendre cette décision.

Eventuel abus

Si l'OEP l'avait remis en prison en l'absence de nouveaux éléments, il aurait pu ressortir le soir même grâce à son avocat, a assuré Béatrice Métraux. Mercredi, dans un communiqué, le DIS avait déjà réfuté toutes "les allégations" de Marc-Olivier Buffat. Le Conseil d'Etat répondra formellement au Grand Conseil lors de la séance de mardi prochain.