Drame de Gênes: un tel accident est-il possible en Suisse?

Après la tragédie qui a frappé Gênes mardi, la question se pose de savoir si les ponts suisses sont sûrs. L’Office fédéral des routes répond à nos craintes.

16 août 2018, 11:07
Les sauveteurs poursuivent leurs recherches pour tenter de trouver encore des survivants dans les décombres du pont. "Des miracles sont encore possibles", a déclaré le ministre de l'Intérieur.

Les images terribles du viaduc Morandi qui s’est effondré à Gênes mardi, provoquant la mort d’au moins 39 personnes, suscitent partout l’inquiétude. En Suisse, un tel drame pourrait-il se produire? Nombre de nos ponts ont été construits à la même époque que le pont Morandi et approchent des 60 ans. Thomas Rohrbach, porte-parole de l'Office fédéral des routes (OFROU), se veut rassurant. Un tel drame ne pourrait arriver en Suisse, assure-t-il dans les colonnes du Blick. «Une défaillance structurelle telle qu’à Gênes n’est certainement pas possible, du moins pas dans des circonstances normales.»

 

Nous devons être en mesure de garantir à la population que nos ponts sont sûrs»
Porte-parole de l'Office fédéral des routes (OFROU), Thomas Rohrbach

 

Le réseau routier national suisse compte plus de 3000 ponts qui ont en moyenne de 30 à 40 ans. Ils sont constamment sous surveillance, explique Thomas Rohrbach. «Nos employés sont attentifs au quotidien quant à d’éventuels dommages structurels visibles ou non. Leurs observations permettent à la Confédération d’envisager ou non un assainissement des ouvrages.» De plus, chaque pont ou tunnel est inspecté tous les cinq ans par des spécialistes externes.

 

Les travaux de réfection des viaducs de Chillon ont été agendés sur deux ans, en 2014-2015. Keystone archives

 

Environ 300 millions par an

Des contrôles sont également effectués après chaque troisième impact sur une structure, que ce soit un accident, des inondations ou une voiture qui a brûlé sur un pont. «Le but est d’exclure tout risque d’effondrement. Nous devons être en mesure de garantir à la population que nos ponts sont sûrs», conclut le spécialiste. 

Pour atteindre ce but, entre 200 et 400 millions de francs du budget consacré au réseau routier (qui s’élève à environ 1,3 milliard de francs) est consacré chaque année à la maintenance des ponts.