Didier Cuche et les Suisses attendus à Adelboden

L'air d'Adelboden va-t-il requinquer les Suisses dans les disciplines techniques ? Tel est l'un des enjeux de ce week-end dans l'Oberland bernois, où les traditionnels géant(samedi à 10h30/13h30) et slalom (dimanche à 10h30/13h30) sont au programme.

06 janv. 2012, 19:30
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Les Suisses n'ont jamais autant souffert de bipolarité que cette saison: euphorie dans les disciplines de vitesse (6 courses/9 podiums), déprime en technique (8/0). Si les carences ne datent pas d'aujourd'hui en slalom, le géant constitue la grosse déception  helvétique de l'hiver.

Carlo Janka incarne le mieux ce marasme. Victime de douleurs au dos depuis septembre, le champion olympique du géant ne parvient pas à se soigner. «Il n'y a toujours pas de grands changements. C'est difficile à accepter, mais je n'ai pas le choix», a soupiré le Grison, qui avait zappé la descente de Bormio (It) entre Noël et Nouvel-An pour tenter de se guérir.

Pour Didier Cuche, le géant pose également problème cet hiver. «Au fond de mon disque dur, j'ai encore les repères pour y arriver. Mais j'ai de la peine à les mettre en pratique», a imagé le Neuchâtelois de 37 ans.

Selon le no 1 mondial du géant en 2008/2009, le piquetage constitue l'une des explications à ses difficultés. «Les écarts entre les portes ont diminué. Ils se situent aujourd'hui entre 24 à 25 mètres, contre 27 à 32 mètres l'hiver où j'ai gagné le globe. Cela fait toute la différence», a-t-il estimé.  

Fausse rumeur  

Toutefois, lors des entraînements des derniers jours à  Hinterreit (Aut), le skieur des Bugnenets a dit avoir retrouvé une partie de ses sensations. «J'ai skié comme l'ancien Cuche. J'espère pouvoir répéter de telles courbes lors de la course, même si je ne  me fais pas trop d'illusions concernant un podium», a reconnu le vainqueur de l'édition 2002 à Adelboden.  

Le Neuchâtelois a finalement affirmé qu'il n'allait pas  abandonner le géant pour se concentrer sur la vitesse. «Je n'ai  jamais dit que j'allais arrêter le géant après ce week-end. Cette  rumeur vient d'une mauvaise interprétation d'un journaliste (réd:  »La Gazzetta dello Sport«). C'est une grosse erreur. Cette  discipline me tient à coeur», a-t-il répété.  

Un combat  

De son côté, Didier Défago a relevé qu'il était de plus en plus  difficile de rivaliser avec les purs spécialistes de géant. «La  gagne se jouera entre Hirscher (Aut), Ligety (EU), Richard (Fr) et  autre Fanara (Fr)», a prédit le Valaisan, qui espère se battre  «pour les places d'honneur».  

Vainqueur surprise en descente à Bormio, Défago «veut profiter  de sa forme du moment», même s'il a rappelé que le géant restait sa  moins bonne discipline. «Comme la météo risque d'être mauvaise,  cela sera un combat. Ce type de conditions peut me convenir»,  a-t-il toutefois prévenu.  

Equipe anémique  

Si les attentes suisses sont modestes pour le géant, elles sont quasiment inexistantes pour le slalom dominical. Entre les blessés  (Marc Gini, Justin Murisier) et un «retraité» du slalom (Silvan Zurbriggen), l'équipe de Suisse est anémique.  

Pour ne rien arranger, Marc Berthod traverse une nouvelle crise. Le double vainqueur d'Adelboden (slalom en 2007, géant en 2008)  reste sur quatre éliminations consécutives.  

Seul Reto Schmidiger a montré de bonnes choses cette saison en slalom. Double champion du monde juniors dans la discipline, le  Nidwaldien de 19 ans a toutefois besoin de temps avant de venir titiller l'élite.