Coronavirus: les marchés alimentaires et agricoles ont absorbé le choc

Entre les restaurants fermés et la forte demande des commerces de détail, les marchés alimentaires et agricoles suisses ont su s’adapter et résister au choc de la pandémie.

08 mai 2020, 12:16
Plusieurs secteurs ont connu le même scénario: l'absence de la demande habituelle de la restauration d'un côté, et l'augmentation de la demande du commerce de détail de l'autre.

Les marchés alimentaires et agricoles ont été secoués par la pandémie de coronavirus. Ils ont absorbé les changements des habitudes des consommateurs, mais ont dû recourir à davantage d’importations dans certains secteurs.

Augmentation des importations

Plusieurs secteurs ont connu le même scénario: l’absence soudaine de la demande habituelle de la restauration d’un côté, et l’augmentation de la demande du commerce de détail de l’autre, résume un rapport spécial de l’Office fédéral de l’agriculture rendu public vendredi. L’OFAG a comparé les premiers trimestres 2019 et 2020. Une augmentation du contingent des importations a parfois été nécessaire pour éviter des pénuries.

Effondrement des ventes de viande de boeuf et de veau

Privées des débouchés habituels fournis par la restauration, les ventes de viandes de boeuf et de veau ont subi un effondrement. Le Conseil fédéral a débloqué des fonds supplémentaires en vue d’un allégement du marché. Les producteurs attendent avec impatience la saison des grillades.

 

 

Le secteur des fruits et des légumes a vécu le même scénario, mais il s’en est mieux sorti. La hausse de la demande, qui s’est stabilisée à un niveau élevé, permet de compenser «à peu près» la disparition du canal de la restauration (-70%).

Ruée sur les fruits et légumes

Concrètement, les besoins en fruits et légumes ont augmenté de 10 à 60% selon la catégorie. En mars, les consommateurs se sont rués sur les agrumes, les oignons, les poireaux, les pommes, les carottes et les céleris.

Une partie de la production de pommes de terre destinée à la transformation a pu être détournée vers le canal des pommes de terre de table. Mais cela n’a pas suffi. Il a fallu augmenter les contingents d’importation des pommes de terre de table (+59,6%) pour couvrir la partie la plus importante de la demande supplémentaire du commerce.

Pénurie d’oeufs en mars

Les poules aussi ne sont pas parvenues à suivre la cadence: un nouveau contingent de mille tonnes d’oeufs a été nécessaire. La demande a augmenté de 20 à 25% dans le commerce de détail. Dans certaines catégories, comme les oeufs de la région ou le bio, il y a eu pénurie en mars et durant la période de Pâques.

Quant aux besoins de farine dans le commerce de détail, ils ont doublé, mais la disponibilité de céréales panifiables reste bonne.

Le marché du lait suisse devrait subir la baisse des prix sur le marché international. Le secteur s’inquiète notamment pour l’exportation des fromages. Il peut toutefois compter pour l’heure sur une remontée de la demande de produits laitiers dans le commerce de détail (de 10 à 30% par catégorie) pour se stabiliser.