Conseil d'Etat Genève: les autres partis craignent l'arrivée du MCG

Jamais le Mouvement citoyen genevois (MCG) fondé en 2005 n'a été aussi proche de conquérir l'un des sept sièges du Conseil d'Etat à Genève. Les autres partis redoutent l'arrivée de la droite dure lors du second tour de l'élection le 10 novembre prochain.
27 oct. 2013, 08:53
Jamais le Mouvement citoyen genevois (MCG) n'a été aussi proche d'accéder à l'un des sept sièges du Conseil d'Etat, dont le second tour de l'élection se fera le 10 novembre.

Le second tour de l'élection du Conseil d'Etat genevois qui se tiendra le 10 novembre a de quoi donner des insomnies aux partis gouvernementaux. Fondé en 2005, le Mouvement citoyens genevois (MCG) n'a en effet jamais été aussi proche de conquérir l'un des sept sièges de l'exécutif cantonal.

L'arrivée d'un représentant de la droite dure au Conseil d'Etat se ferait obligatoirement au détriment d'une formation politique déjà établie. La gauche, fragilisée par l'effondrement des Verts, semble a priori moins bien armée que l'alliance PLR-PDC pour résister à une poussée populiste et conserver ses sièges au gouvernement.

Révérences

Contrairement à la droite bourgeoise, la gauche est handicapée par l'absence de conseillers d'Etat sortants sur sa liste de candidats. Le socialiste Charles Beer et l'écologiste David Hiler tirent leur révérence, alors que l'actuelle magistrate "Verte" Michèle Künzler, laminée au premier tour, s'accorde une pause sur le plan politique.

Pour défendre ses trois sièges, les forces de l'alternative misent sur les socialistes Anne Emery-Torracinta et Thierry Apothéloz, ainsi que sur le conseiller national des Verts Antonio Hodgers. Ces trois candidats pourraient néanmoins souffrir de l'absence de soutien d'une partie de l'électorat d'extrême gauche.

La coalition Ensemble à gauche a en effet décidé de ne pas participer au second tour du scrutin, préférant visiblement jouer un rôle d'opposition. La gauche de la gauche, qui retrouve les bancs du Grand Conseil après huit années d'absence au parlement, invite simplement ses partisans à voter pour la liste rose-verte.

Ambitions de l'alliance

Outre la menace constituée par la droite dure, la gauche pourrait aussi faire les frais des ambitions de l'alliance PLR-PDC. Cette dernière lance cinq candidats dans la course. Les libéraux-radicaux s'appuient sur leurs trois magistrats sortants, alors que les démocrates-chrétiens présentent deux "nouvelles" personnalités.

Au PLR, Pierre Maudet et François Longchamp, arrivés en tête lors du premier tour, font figure de favoris dans cette élection. Leur collègue de gouvernement Isabel Rochat, moins à l'aise dans son costume de conseillère d'Etat, apparaît en revanche plus vulnérable aux coups de crayon des Genevois.

Au premier tour, Mme Rochat a été devancée par les candidats démocrates-chrétiens Serge Dal Busco et Luc Barthassat, respectivement maire de Bernex et conseiller national. Tous deux envisagent leur avenir au gouvernement. En cas d'élection de ses deux candidats, le PDC doublerait sa représentation à l'exécutif.

Bloc populiste

Le bloc populiste, composé du MCG et de l'UDC, a toutefois cette année les moyens de contrecarrer les ambitions des uns et des autres s'il parvient, comme au premier tour, à rassembler autour de lui les mécontents du système. Au Parlement, cette force nouvelle de contestation conservatrice occupe 31 sièges sur 100.

Le MCG lance dans la course le duo formé du conseiller national Mauro Poggia et d'Eric Stauffer, la figure emblématique du mouvement. Le premier est perçu comme le modéré de l'équipe, alors que le second passe pour l'agitateur de service. Les deux hommes font liste commune avec la conseillère nationale UDC Céline Amaudruz.