Confédération: 300 millions d'économie, ce sont 2'600 emplois menacés

La Conseillère fédéral Eveline Widmer-Schlumpf affirme que, pour économiser 300 millions de francs sur le personnel de la Confédération, il faudrait supprimer quelque 2'600 emplois.

29 juin 2014, 11:06
Eveline Widmer-Schlumpf étudie, à la demande du Parlement, les mesures à prendre pour économiser 300 millions sur le personnel de la Confédération.

Le Parlement a chargé le Conseil fédéral d'évaluer une économie de 300 millions de francs dans le personnel de la Confédération. La ministre des finances Eveline Widmer-Schlumpf présentera trois scénarios en septembre. Selon elle, environ 2600 emplois pourraient être touchés.

"Une telle réduction de postes ne peut se faire en quelques mois", explique Eveline Widmer-Schlumpf dans une interview à la "Schweiz am Sonntag". En cas de licenciements, cela durerait "au moins un an".

Voire davantage, selon la ministre des finances: avec une coupe de cette ampleur, l'administration ne pourrait plus fournir les mêmes prestations; il faudrait modifier des lois via le Parlement, après de longues procédures de consultation. Les projets présentés aux Chambres en 2014 n'auraient donc d'effet qu'en 2016 au plus tôt.

Le Parlement devra en outre encore montrer s'il veut vraiment de cette économie. Le mandat est issu de la discussion du "programme de consolidation et de réexamen des tâches", qui a échoué en raison de l'opposition de l'UDC, du PS et des Verts. Pour la droite, le programme n'allait pas assez loin, pour la gauche en revanche trop.

Ministre agacée

Le rejet a été assorti d'un mandat au Conseil fédéral d'évaluer deux scénarios contradictoires: l'un visant une limitation des dépenses fédérales et des charges en personnel, l'autre explorant une hausse des impôts. Eveline Widmer-Schlumpf n'avait alors pas caché son agacement, mais elle parlait de quelque 1900 emplois potentiellement touchés.

Les 300 millions pourraient aussi être économisés en renonçant à dépenser la somme prévue pour le Gripen, estime Mme Widmer-Schlumpf dans l'interview: "Imaginez que vous voulez construire une école et que le peuple dit non. Vous ne pouvez pas simplement construire une piscine avec cet argent", argumente la conseillère fédérale.

Le Département de la défense pourra avoir l'argent, mais "quand il en aura vraiment besoin et des projets prêts à être réalisés". "Mais, pour le moment, de tels projets n'existent pas".

Initiatives sous la loupe

Dans l'interview, Eveline Widmer-Schlumpf s'exprime encore sur les discussions sur les droits politiques, en particulier les initiatives populaires. Il est légitime de réfléchir dans ce domaine, mais elle pense que le besoin de réforme concerne moins le nombre de signatures que l'examen de la validité des textes.

La conseillère fédérale pense notamment à l'initiative sur l'imposition des successions. Le texte soulève différentes questions, auxquelles le citoyen ne peut que difficilement répondre par un seul oui ou un seul non.

Mme Widmer-Schlumpf appuie donc la démarche du Conseil des Etats qui veut un examen plus approfondi de la validité de cette initiative, en premier lieu sur l'unité de la matière. "Je crains que nous - moi aussi - n'ayons cédé à une pratique de plus en plus généreuse; il est temps de se pencher sur le problème".