Condamné à sept ans de prison pour avoir transmis le sida

Le tribunal correctionnel de Montbéliard, en France, a condamné à sept ans de prison un Suisse qui a transmis consciemment le virus du sida a son compagnon.
11 avr. 2014, 17:17
Le tribunal de Montbéliad, dans le Doubs, a condamné vendredi un ressortissant suisse à sept ans de prison.

Un quinquagénaire suisse a été condamné à sept ans de prison ferme par le tribunal correctionnel de Montbéliard, dans le département du Doubs, proche de la Suisse, pour avoir consciemment transmis le sida à son ancien compagnon, un Français de 43 ans. Un mandat d'arrêt international a été lancé contre le Suisse, absent de son procès jeudi.

Ce directeur commercial, père de famille divorcé âgé de 53 ans, a été reconnu coupable "d'administration de substances nuisibles ayant provoqué une incapacité permanente", a indiqué vendredi le vice-procureur de Montbéliard Lionel Pascal.

L'homme avait rencontré son ancien compagnon, domicilié dans la périphérie de Montbéliard, en novembre 2004 en Suisse. Après avoir entretenu des relations sexuelles protégées pendant deux semaines, il l'avait ensuite incité à avoir des relations sexuelles non protégées, sans avoir averti son compagnon qu'il était séropositif.

Le prévenu a longtemps affirmé que la victime était au courant de sa séropositivité, avant de changer de version et d'indiquer qu'il n'avait jamais eu de relations sexuelles pouvant exposer son partenaire à la contamination.

Preuves à l'appui

"La parole de la victime est restée constante pendant toute l'instruction, alors que celle du quinquagénaire est fluctuante", a souligné Lionel Pascal, qui a requis sept ans de prison dont deux ans avec sursis.

Selon le ministère public, les dires du plaignant "sont confortés par des éléments scientifiques: la période à laquelle il a été contaminé correspond à celle de ses relations non protégées avec son compagnon suisse et les souches du virus du sida présentes chez les deux hommes sont similaires à 99,2%".

"Le sida est une maladie et une épidémie qui n'est toujours pas contenue et pour laquelle il n'existe aucun traitement", a rappelé M. Pascal. Le vice-procureur de Montbéliard a souligné l'aspect handicapant de la maladie pour la victime "sous trithérapie, fragilisée, et qui vit désormais avec l'idée permanente de la mort".