Christoph Blocher prêt à étudier une taxe sur l'immigration

Afin de réduire l'immigration, Christophe Blocher se dit prêt à envisager de taxer les étrangers qui viennent en Suisse.
07 août 2015, 14:19
Christoph Blocher, Nationalrat SVP-ZH, spricht waehrend der Debatte um den Steuerstreit der Schweizer Banken mit den Vereinigten Staaten im Nationalrat, am Dienstag, 18. Juni 2013 waehrend der Sommersession der Eidgenoessischen Raete in Bern. (KEYSTONE/Peter Klaunzer)

Taxer les étrangers qui viennent en Suisse, afin de réduire l'immigration: Christoph Blocher se dit prêt à étudier cette proposition du professeur d'économie fribourgeois Reiner Eichenberger. Mais selon lui, l'introduction de contingents demeure le meilleur système pour freiner fortement l'immigration.

Il n'y a pour l'heure pas de meilleur système que celui des contingents réclamés par l'initiative de l'UDC contre l'immigration de masse approuvée par le peuple suisse le 9 février, déclare l'ex-conseiller fédéral et national dans une interview à la presse dominicale. La "SonntagsZeitung" lui demandait notamment si l'application de ce texte était impérativement nécessaire pour réduire l'immigration.

Toutes les propositions faites jusqu'à présent pour appliquer l'initiative du 9 février sont considérées par le tribun de l'UDC comme de "la foutaise". La seule à échapper à ce jugement exclusif est celle du professeur fribourgeois, qui "mérite d'être examinée mais qui doit encore mûrir", selon lui.

La taxe que celui-ci suggère serait prélevée auprès des entreprises employant des étrangers ainsi que chez les immigrants eux-mêmes. De cette manière, les étrangers qui paient pourraient venir librement en Suisse, et une telle législation ne serait pas constitutive de discrimination, selon le professeur d'économie.

Cette solution éviterait des problèmes avec l'Union européenne quant à la libre circulation garantie par un accord bilatéral. M. Blocher n'en reste pas moins dubitatif: "Il faudrait des années avant que cela produise un effet".

Quant aux efforts du Conseil fédéral pour sauver les accords bilatéraux, le Zurichois n'y voit pas d'objection s'il ne s'agit que de garantir la situation actuelle. Mais si le gouvernement veut plutôt assurer l'avenir des bilatérales via une reprise automatique du droit européen et la reconnaissance des juges étrangers, "c'est à rejeter strictement", conclut le vice-président de l'UDC.