Chômage: les universitaires davantage exposés

Les universitaires sont davantage exposés au chômage à la fin de leurs études, révèle lundi une étude de l'Office fédéral des statistiques.

23 juin 2014, 11:14
Les universitaires sont les plus exposés au chômage au moment d'entrer dans la vie professionnelle.

Les diplômés sortant de l'université sont les plus exposés au chômage au moment d'entrer dans la vie professionnelle. Ils présentent un taux de sans emploi de 3,9%, contre 3,6% pour les personnes issues d'une HES. A l'inverse, les jeunes enseignants trouvent quasiment tous une place.

Seulement 0,7% des nouveaux profs sont sans emploi une année après l'obtention de leur titre, indique une étude de l'Office fédéral des statistiques (OFS) publiée lundi.

Avec le temps, la situation des universitaires (HEU) et des diplômés des Hautes écoles spécialisées (HES) se normalise, bien que des écarts sensibles demeurent. Cinq ans après l'obtention de leur diplôme, les premiers présentent encore un taux de chômage de 2,3% tandis que les seconds arrivent à 1,7%, selon l'étude qui a interrogé deux volées d'étudiants ayant terminé leur cursus en 2008 et 2012.

Au chapitre des revenus, les différences sont également sensibles. Au sortir de leurs études en 2012, les titulaires d'un master universitaire affichent un après l'obtention de leur titre un revenu annuel brut extrapolé à plein temps (médian) de 78'600 francs, les bachelors HES 78'000 et les diplômés HEP 87'700, soit une différence de plus de 9000 francs.

Métiers lucratifs

Mais de gros écarts existent entre professions. Un an après l'obtention de son diplôme, un médecin, un économiste ou un spécialiste en psychologie appliquée gagne autour de 85'000 francs, alors qu'un licencié en droit se contente de 60'000 francs, tout comme un détenteur d'un bachelor HES en design, musique ou arts de la scène.

Cinq ans après leur établissement dans la vie professionnelle, les différences se creusent nettement. Le médecin de la volée 2008 a vu son revenu passer en moyenne à 100'000 francs, l'économiste à 105'000 francs et le licencié en droit à 102'000 francs. En revanche, les revenus des diplômés HES et HEP n'ont guère dépassé la barre des 90'000 francs annuels. Les plus mal lotis restent les artistes (72'600 francs).

Ascension professionnelle

Le taux de stagiaires une année après l'obtention du diplôme est plus élevé chez les titulaires d'un master HEU (13%) que chez les titulaires d'un bachelor HES (3,5%) et les diplômés HEP (0,7%). Ces écarts sont dus en partie aux diplômés en droit. Une année après l'obtention du diplôme, 56% de ces derniers suivent encore un stage, partie intégrante de la formation d'avocat.

Cinq ans après, ces taux deviennent insignifiants. Dans la hiérarchie, on retrouve plus facilement des universitaires ou des diplômés HES dans des fonctions dirigeantes (respectivement 31% et 41%). Les contrats à durée déterminée sont également plus fréquents chez les universitaires en début de carrière en raison du nombre élevé de stages, de postes de médecin-assistant ou de doctorat.

En matière de temps partiel, la moyenne suisse s'établit à 35%, une proportion du même ordre chez les diplômés des volées 2008 et 2012. Les travailleurs issus d'une filière HES sont un peu moins représentés (28%) tandis que ceux sortant d'une HEP semblent pouvoir y recourir plus facilement (45%). Les femmes sont majoritaires, et l'écart avec leurs congénères masculins s'accentue encore avec le temps, notamment pour des raisons familiales.