Braquage de Thônex (GE): l'extradition de deux prévenus contestée au Tribunal fédéral

Deux prévenus suspectés d'avoir participé au spectaculaire braquage de Thônex (GE) en novembre 2010 ont recouru au Tribunal fédéral pour contester leur extradition vers la France.

24 mai 2013, 13:00
Deux malfrats armés ont braqué une station service mercredi vers 06h00 à Thônex (GE), près de la frontière franco-suisse. Ils ont mis la main sur plusieurs milliers de francs, avant de prendre la fuite.
La décision des juges de Mon Repos sur l'extradition de deux prévenus suspectés d'avoir participé au spectaculaire braquage de Thônex  devrait tomber d'ici une dizaine de jours. Les deux hommes ont fait recours de la décision au Tribunal féral.
 
"Le centre de gravité des infractions reprochées se trouve en Suisse", a indiqué vendredi Me Jean-Marc Carnicé, l'avocat du prévenu arrêté juste après le braquage. Les conditions pour une extradition ne sont donc pas remplies, souligne l'avocat.
 
Son client reconnaît en grande partie les faits. Les autorités françaises qui ont demandé son extradition ont ouvert une procédure pénale pour avoir participé au braquage et pour d'autres délits, dont le vol de la voiture qui a servi pour le casse.
 
Deux recours
 
L'autre prévenu, défendu par Me Saskia Ditisheim, a également saisi mardi le Tribunal fédéral pour contester cette extradition. Un autre recours concernant l'absence de charges suffisantes pour la prolongation de la détention est aussi pendant, selon l'avocate.
 
"Mon client qui clame son innocence a été arrêté en juin 2012 pour une affaire d'interdiction d'entrée du territoire", a expliqué Me Saskia Ditisheim. Seules des traces ADN retrouvées dans la voiture du braquage le relient à cette affaire.
 
A l'explosif
 
La France avait demandé en juin 2012 l'extradition des deux hommes détenus à Champ-Dollon (GE). L'Office fédéral de la justice l'avait accordée au début de l'année. Le Tribunal pénal fédéral a récemment confirmé cette décision.
 
Quatre autres individus interpellés dans le cadre de cette affaire sont actuellement détenus en France. Ils ne peuvent pas être extradés vers la Suisse en raison de leur nationalité française.
 
Le braquage du bureau de change Migros de Thônex avait marqué les esprits en raison de la violence et de la témérité dont ont fait preuve les malfrats. Equipés d'armes lourdes, ils ont utilisé de l'explosif pour percer une vitre blindée.