Blanchiment d'argent ouzbèke en Suisse: Berne confisque 130 millions de francs

Un proche de l'ancien président ouzbèke, déjà écroué pour blanchiment d'argent dans son pays, a écopé en Suisse d'une amende de près de 400'000 francs. Le Ministère public a par ailleurs saisi 130 millions de francs pour les rendre au pays d'Asie centrale.
24 juin 2019, 12:14
Gulnara Karimova, la fille de l'ancien président Karimov, est au coeur de cette affaire de blanchiment (archives).

Une première condamnation est tombée dans l'affaire de blanchiment d'argent ouzbèke. Le Ministère public de la Confédération (MPC) a en outre confisqué plus de 130 millions de francs en vue de les restituer à l'Ouzbékistan.

Un proche de Gulnara Karimova, fille aînée de feu l'ancien président ouzbèke, a été condamné par ordonnance pénale, indique lundi le MPC dans un communiqué. L'ordonnance pénale émise par le MPC le 22 mai 2018 est entrée en vigueur suite à deux décisions rendues en mai par la Cour des plaintes du Tribunal pénal fédéral.

L’argent sera rendu

La peine du condamné s'élève à 130 jours-amende à 3000 francs, soit 390'000 francs. Son montant s'explique notamment par le fait que l'homme purge une lourde peine en Ouzbékistan, précise le MPC. Ce dernier a en outre ordonné la confiscation de plus de 130 millions de francs en vue de les restituer à l'Ouzbékistan.

Entre 2004 et 2013, cet individu a été actif "dans l'ouverture de comptes bancaires au nom de sociétés, dont le but était de fragmenter les transferts et d'entraver l'identification de l'origine et de la destination réelle des fonds", écrit le MPC. L'individu a également signé de faux documents bancaires afin de cacher la réelle propriétaire des fonds, soit Mme Karimova.

Sept ans d'enquête

Cette condamnation s'inscrit dans le cadre de l'instruction pénale ouverte en juillet 2012 par le MPC sur la base de communications de soupçons de blanchiment d'argent. Initialement dirigée contre l'assistante personnelle de Gulnara Karimova et le directeur général de la filiale ouzbèke d'une société russe de télécommunications, la procédure a ensuite été élargie à deux collaborateurs de Mme Karimova et à cette dernière.