Berne: le camp de protestation des gens du voyage évacué par la police

Installés depuis mardi sur l'emplacement de la foire BEA de Berne, les gens du voyage sont évacués par la police jeudi matin. Ils étaient venus protester contre le manque d'aires d'accueil en Suisse.
24 avr. 2014, 10:30
Les gens du voyage ne seront restés que deux jours à Berne. La police les a fait évacuer sur demande du conseil communal bernois.

Le campement de protestation des gens du voyage à Berne est en cours d'évacuation depuis jeudi tôt le matin. La décision du Conseil communal est ainsi appliquée, a indiqué un porte-parole de la police.

La police cantonale est présente sur les lieux. L'évacuation est menée par l'inspectorat de la police municipale de la capitale fédérale.

Les gens du voyage considèrent l'évacuation de leur campement de protestation à Berne comme illégale. "La police nous a donné dix minutes pour nous préparer. Faute de quoi, elle a dit qu'elle nous éjecterait" des lieux, a déclaré à l'ats Mike Gerzner, président du mouvement des gens du voyage suisses.

Embarquement de voitures
 
Le campement de protestation des gens du voyage à Berne est en cours d'évacuation depuis jeudi matin tôt. Suite à un nouveau dialogue improductif entre ces personnes et les autorités, la police a commencé à embarquer des voitures.

Les gens du voyage avaient annoncé mercredi soir qu'en cas d'évacuation jeudi matin, ils laisseraient les clés de leurs véhicules à l'intérieur. Ainsi, les autorités devraient les conduire elles-mêmes.

"La Ville était prête à accepter ce geste symbolique", a déclaré jeudi matin un collaborateur de la police. Mais lorsque les forces de l'ordre sont apparues au campement jeudi matin, les gens du voyage n'étaient pas prêts à partir et n'avaient pas laissé leurs clés de contact dans leurs voitures. La police a finalement décidé de déplacer les automobiles une par une.

L'atmosphère est tendue

Un représentant des gens du voyage a déclaré qu'ils étaient prêts à donner les clés de leurs véhicules aux autorités. "Mais celles-ci ne possèdent pas d'autorisation écrite d'évacuation, ce qui rend l'opération illégale", a-t-il ajouté. Le groupe étudie désormais des éventuelles suites judiciaires à donner à cette affaire.

"Pour l'instant, ce sont surtout des voitures qui ont été embarquées", a précisé le représentant du groupe. Les caravanes sont plus difficiles à déplacer.

Les gens du voyage suivent l'évacuation sur place et agitent des banderoles de protestation. L'atmosphère est pour l'instant tendue, mais aucun débordement n'a été constaté, selon un journaliste présent sur place.