Asile: près de 2800 Turcs ont demandé l’asile en Suisse depuis le putsch manqué de juillet 2016

Depuis le putsch manqué contre Erdogan en juillet 2016, environ 2800 Turcs ont demandé l’asile en Suisse. Un chiffre en hausse de 130% par rapport à la période précédente. Les requérants turcs disposent d’un taux d’acceptation supérieur à la moyenne.

15 sept. 2019, 14:36
Plus de 55'000 personnes ont été arrêtées en Turquie après le putsch manqué et plus de 150'000 ont été limogées de la fonction publique. (Archives)

Le nombre de demandes d’asile déposées par des Turcs a nettement augmenté depuis la tentative de coup d’Etat contre le président Recep Tayyip Erdogan en 2016. La hausse est liée à la politique intérieure en Turquie, indique le Secrétariat d’Etat aux migrations (SEM).

Un porte-parole du SEM a confirmé cette tendance dimanche à l’agence d’information Keystone-ATS suite à un article paru dans la NZZ am Sonntag. Le journal dominical évoque une augmentation de 130% depuis le putsch manqué.

Environ 2800 Turcs ont demandé l’asile depuis juillet 2016, contre 1200 au cours des trois années précédentes, soit une période équivalente. Le porte-parole n’a pas confirmé le premier chiffre mais le juge proche de la réalité.

Selon le journal, de nombreux requérants turcs sont très bien documentés pour leurs procédures d’asile et présentent de nombreux documents, ce qui explique un taux d’acceptation supérieur à la moyenne.

Purges

Il y a trois ans, dans la nuit du 15 au 16 juillet 2016, des éléments factieux de l’armée turque avaient tenté de s’emparer du pouvoir en bombardant des sites stratégiques à Ankara et en déployant des chars dans les rues de la capitale et d’Istanbul.

 

 

L’intervention d’éléments loyalistes au sein des forces de sécurité et de milliers de partisans de M. Erdogan descendus dans la rue à l’appel du président avait permis de mettre le putsch en échec. Près de 250 personnes, hors putschistes, avaient été tuées. Ankara impute la tentative de putsch au prédicateur Fethullah Gülen, un ancien allié de M. Erdogan devenu son pire ennemi.

Les procédures judiciaires lancées après ce coup de force avorté sont d’une ampleur sans précédent en Turquie. Plus de 55’000 personnes ont été arrêtées et plus de 150’000 limogées de la fonction publique. Trois ans après, les arrestations se poursuivent à un rythme soutenu, avec de nouveaux coups de filet chaque semaine.