Agriculture: les cantons veulent simplifier le système des paiements directs

Les directeurs cantonaux de l'agriculture veulent que les paiements directs soient simplifiés. En outre, ils estiment que la protection douanière ne doit pas être assouplie.

08 mars 2018, 15:49
"Une part plus grande du franc du consommateur doit revenir aux familles paysannes", a résumé jeudi devant les médias Philippe Leuba, président de la Conférence des directeurs cantonaux de l'agriculture (CDCA).

Berne ne doit pas assouplir la protection douanière dont bénéficie l'agriculture suisse, estiment les directeurs cantonaux de l'agriculture. Et afin de soulager les familles paysannes, les paiements directs doivent être simplifiés. Pour ce faire, les cantons demandent une plus grande marge de manoeuvre.

"Une part plus grande du franc du consommateur doit revenir aux familles paysannes", a résumé jeudi devant les médias Philippe Leuba, président de la Conférence des directeurs cantonaux de l'agriculture (CDCA). Celle-ci présentait à Berne ses idées pour la prochaine étape de la réforme agricole PA22+.

Mais depuis plus de 25 ans, la tendance va dans une autre direction. Le système des paiements directs est trop perfectionné, le nombre et la densité des directives administratives ne cessent d'augmenter. Les cantons y voient un risque de "sclérose".

Ce système doit être impérativement simplifié et les exigences diminuées. "Le numérique renforcera la fiabilité des enregistrements et des contrôles", selon les directeurs cantonaux.

Miser sur la confiance

Au lieu d'édicter des exigences complexes, il s'agit de davantage faire appel à la responsabilité individuelle des agriculteurs. Il faut donner aux cantons plus de latitude pour mettre sur pied des programmes et des projets régionaux et transversaux dans les domaines de l'agriculture, de l'environnement, de la nature et du paysage.

L'assouplissement de la protection douanière proposée par le Conseil fédéral est "inutile" et sans valeur ajoutée pour les agriculteurs et les consommateurs, estiment les cantons. Elle pourrait même mettre en péril l'agriculture suisse.

La perspective pour le secteur agroalimentaire réside dans la création de valeur ajoutée et la conquête de marchés supplémentaires, selon les directeurs cantonaux. Les coopérations horizontales et verticales, la responsabilité individuelle et les opportunités liées à l'informatique et au numérique représentent des éléments importants d'une future politique agricole.