Affaire Ramadan: la ministre de l'instruction publique renonce à une enquête administrative

Il n'y aura pas d'enquête administrative sur Tariq Ramadan à Genève. La ministre de l'instruction publique reconnaît que la direction du collège de Saussure, où l'islamologue a enseigné, a failli. En revanche, le dossier concernant le théologien est vide.
12 mars 2018, 18:08
Selon la conseillère d'Etat genevoise en charge de l'instruction publique, Anne Emery-Torracinta, les conditions pour ouvrir une enquête ne sont pas réunies.

Critiquée pour sa gestion de l'affaire Ramadan, la ministre genevoise de l'instruction publique a expliqué qu'il était juridiquement impossible d'aller plus loin. Elle pointe les erreurs de la direction de l'époque.

"La direction du collège de Saussure a failli", a déclaré lundi devant les médias Anne Emery-Torracinta. Sur les quatre témoignages d'anciennes élèves accusant Tariq Tamadan d'abus sexuels, un seul a pu être confirmé. Aucune des victimes ne s'est toutefois manifestée, a-t-elle souligné.

Suite à ces témoignages anonymes relayés dans la presse, le DIP a procédé a un "examen très sérieux de la situation". Mais aucun dossier ne confirme les faits reprochés à l'islamologue qui avait enseigné dans les années 1990 au collège de Saussure. Le dossier de M. Ramadan est vide, a répété la conseillère d'Etat.

Impossible dans ces conditions d'ouvrir une enquête administrative, selon Mme Emery-Torracinta, qui rappelle aussi que le délai de prescription est largement dépassé. Une enquête administrative ne peut être ouverte qu'à l'encontre de collaborateurs en poste, ce qui n'est pas le cas de Tariq Ramadan.

Une lettre signée par une quinzaine de personnalités de tous bords, rendue publique dimanche soir par la RTS, critiquait sévèrement la gestion du DIP dans cette affaire. Ces citoyens dénonçaient une "omerta institutionnelle". La socialiste, qui y décèle une attaque électorale, n'accepte pas ces accusations. Elle répondra ultérieurement à cette lettre.