Affaire Nestlé-Attac: les altermondialistes demandent 27'000 francs

L'affaire d'espionnage d'Attac par Securitas pour le compte de Nestlé est jugé depuis hier à Lausanne.

24 janv. 2012, 06:54
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Après le non-lieu pénal prononcé en juillet 2009, l'affaire de l'espionnage d'Attac par Securitas sur mandat de Nestlé passe mardi et mercredi devant la justice civile à Lausanne. Les altermondialistes demandent 27'000 francs de réparation morale et la reconnaissance du caractère illicite de l'opération.

Révélée en juin 2008, l'affaire était explosive. Le leader mondial de l'agro-alimentaire avait placé une taupe au sein d'Attac- Vaud qui rédigeait un livre sur la multinationale de Vevey (VD), «Attac contre l'empire Nestlé».
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Après le sommet du G8 à Evian de juin 2003, «Sara Meylan» s'était fait admettre au sein de l'ONG et avait gagné la confiance des militants afin de récolter des renseignements. Attac a découvert ensuite la présence d'une deuxième espionne dans ses rangs, toujours au service des mêmes employeurs.

Menée par le juge Jacques Antenen, devenu entre-temps chef de la police vaudoise, l'enquête a finalement été classée. Les infiltrations de Securitas ont cessé à fin 2005. La seule infraction qui pourrait être retenue, une violation de la protection des données, serait indubitablement prescrite, avait-il affirmé en juillet 2009.

Attac avait dénoncé cette décision en soulignant que la procédure civile continuait pour faire reconnaître notamment l'atteinte à la personnalité. De nombreux témoins sont annoncés durant les audiences. L'auteure franco-américaine Susan George, présidente d'honneur d'Attac, est attendue.