Affaire Crypto: le Bureau du National ne veut pas d'une commission d’enquête parlementaire

Le Bureau du Conseil national ne veut pas de Commission d’enquête parlementaire sur l’affaire de la société zougoise Crypto, qui implique la CIA et les services secrets allemands.

02 mars 2020, 14:34
Des milliers de documents auraient été interceptés via des appareils de chiffrement truqués de l'entreprise zougoise Crypto. (Illustration)

Le Parlement ne va pas instaurer de commission d'enquête parlementaire (CEP) pour faire la lumière sur l'affaire Crypto pour l'instant. Le Bureau du Conseil national ne veut pas mettre sur pied une telle procédure comme l'exigeait le PS.

Les socialistes et les Verts réclament une CEP pour éclaircir l'affaire d'espionnage entourant l'entreprise zougoise Crypto AG. Les partis bourgeois s'y sont opposés.

Roger Nordmann (PS/VD) et Blathasar Glättli (Verts/ZH) déposeront lundi après-midi deux initiatives au nom de leur groupe, ont-ils annoncé à l'issue de la séance. La CEP est l'instrument le plus fort du Parlement, elle n'a été utilisée que quatre fois dans l'histoire suisse.

Le Bureau du Conseil national a pris sa décision après avoir auditionné le chancelier Walter Thurnherr, délégué par le Conseil fédéral. Il a également entendu le président de la Délégation des commissions de gestion Alfred Heer (UDC/ZH).

 

 

La Délégation des commissions de gestion des Chambres fédérales a repris mercredi la direction de l'enquête lancée par le Conseil fédéral, estimant que plusieurs enquêtes concomitantes, commandées par différents mandats, ne sont pas judicieuses pour l'inspection.

Afin que les faits puissent être établis rapidement et efficacement, elle reprend dès à présent la conduite de l'enquête que le gouvernement avait confiée à l'ancien juge fédéral Niklaus Oberholzer. Ce dernier poursuivra ses travaux sous la houlette de la délégation et celle-ci tiendra compte des résultats de ses investigations pour ses propres travaux.

Les différentes enquêtes relatives à l'affaire seront ainsi regroupées au sein de l'inspection de la délégation. La délégation est convaincue que cette procédure permettra une clarification rapide de l'ensemble des faits en question.

Depuis des dizaines d'années

L'affaire a éclaté il y a quinze jours. La CIA et les services de renseignement allemands (BND) auraient, durant des dizaines d'années, intercepté des milliers de documents via les appareils de chiffrement de l'entreprise Crypto. Grâce à des appareils truqués, la CIA et le BND ont écouté les conversations de plus de 100 Etats étrangers.

Les deux services de renseignement ont acheté l'entreprise zougoise à parts égales en 1970, en passant par une fondation du Liechtenstein. Le BND a quitté l'opération en 1993. Mais les Etats-Unis ont prolongé les écoutes jusqu'en 2018 au moins, selon des recherches conjointes de l'émission de la SRF Rundschau, de ZDF et du Washington Post.