Tiffany Géroudet aime être au pied du mur

Tiffany Géroudet a promis "de ne pas lâcher une touche" dans son concours olympique à l'épée lundi à l'Excel Center de Londres.

28 juil. 2012, 14:28
Swiss female fencer Tiffany Geroudet poses for the picture on july 28, 2011 in Sion, Switzerland. Tiffany Geroudet has defeated in fencing (epee) the olympic champion Britta Heidemann at the final  continental tournament. She then became the first Swiss to get hold of the gold medal at the latest European Fencing Championship in Sheffield, England. (KEYSTONE/Jean-Christophe Bott)

L'escrimeuse Suisse Tiffany Geroudet pose pour le photographe ce jeudi 28 juillet 2011 a Sion. Tiffany Geroudet a battu a l'epee la championne olympique Britta Heidemann en finale du tournoi continental. Elle devient ainsi la premiere Suissesse a decrocher la medaille d'or au dernier Championnats d'Europe d'escrime, a Sheffield en Angleterre. (KEYSTONE/Jean-Christophe Bott)

Sous les yeux de Sophie Lamon présente en observatrice et amie, Tiffany Géroudet a promis "de ne pas lâcher une touche" dans son concours olympique à l'épée lundi à l'Excel Center de Londres. Après un petit passage à vide ce printemps, dû notamment à ses études, le championne d'Europe 2011 se sent prête à rebondir.

La Sédunoise n'a pas hérité d'un tirage facile en 16es de finale, face à la Polonaise Monika Piekarska (tête de série no 16, un rang devant elle). "Ce sera du 50-50, mais c'est peut-être mieux ainsi. Si une voie facile s'ouvre devant moi, j'ai tendance à ne pas accomplir ce que je souhaite. Là, avec un tableau difficile, je devrai être à mon maximum!"

Particulièrement douée, celle qui fut Championne du monde juniors en 2006 est en effet menacée parfois par une forme d'indolence. Un ennemi intérieur qu'elle s'efforce de combattre et qu'elle reconnaît à demi-mots: "Je ne suis pas d'un tempérament agressif. Je me suis toujours reposée sur mon talent, mais j'ai progressé sur ce plan-là aussi."

"Je reviens de l'arrière"

La gauchère s'était fait sonner les cloches par son entraîneur italien Angelo Mazzoni après les Mondiaux 2010 à Paris, ratés dans les grandes largeurs. Le coach lui avait reproché une forme d'amateurisme dans son approche de la compétition. Géroudet voit cependant les choses autrement: "A Paris, j'avais simplement connu un jour sans. Or en escrime, il faut répondre présent le jour J. Comme j'avais su le faire à Sheffield (lors de son titre européen l'an dernier). Ce jour-là, j'aurais pu battre n'importe qui!" Du reste, elle avait écarté la légendaire Laura Flessel (Fr) et vaincu en finale la championne olympique Britta Heidemann (All).

Sur la base de ses derniers résultats plutôt moyens, Tiffany Géroudet n'est pas forcément attendue au tournant à Londres. Avec son talent et son expérience, elle peut cependant toujours briguer une médaille. "Je reviens de l'arrière et ce n'est pas plus mal, plutôt que de me retrouver sous les 'spotlights'", dit celle qui laisse volontiers la vedette - pour l'instant! - à ses collègues masculins de l'équipe de Suisse, Fabian Kauter et Max Heinzer, très attendus lors de leur épreuve le 1er août.

Elle s'entend du reste très bien avec les garçons de l'équipe. "Nous avons tous à un peu près le même âge (entre 24 et 26 ans) et nous disputons ensemble les compétitions depuis notre jeune âge. Il existe un vrai esprit de groupe, une dynamique", dit-elle pour expliquer les nombreux faits d'armes des épéistes suisses depuis 18 mois.

Tiffany Géroudet a aujourd'hui bien besoin des garçons, car les sparring-partners de son niveau se font rares en Suisse. La Bernoise Simone Näf a été blessée, et la Valaisanne a dû se chercher une partenaire à l'étranger.

A Londres, elle compte un soutien de poids: Sophie Lamon, la vice-championne olympique par équipes à Sydney en 2000 et Sédunoise comme elle, qui est présente en "touriste" avant de prendre ses nouvelles fonctions de manager du sport d'élite à la Fédération suisse. Mais pour l'instant, Sophie Lamon est dans l'attente depuis six mois d'un heureux événement...