Nadal rate Wawrinka mais Djokovic ne rate pas Federer

Rafael Nadal sera le grand absent au rendez-vous des demi-finales du Masters 1'000 de Monte-Carlo. Octuple vainqueur du tournoi, le n° 1 mondial s'est incliné pour la première fois depuis dix ans devant David Ferrer sur terre battue.
18 avr. 2014, 20:44
Novak Djokovic a tremblé en quarts face à l'Espagnol Garcia-Lopez, mais le Serbe sera finalement bien présents à son rendez-vous avec Federer en demies.

Battu 7-6 (7/1) 6-4 par la Valencien, Rafael Nadal avoue être à la recherche de ses sensations depuis sa défaite en finale de l'Open d'Australie contre Stanislas Wawrinka. «J'ai de la peine à retrouver l'intensité, la confiance et la force intérieure», lâche le Majorquin, qui a commis 44 fautes directes et qui a perdu sept points d'affilée dans le tie-break du premier set.

Même si sa victoire face à Nadal à Melbourne n'a souffert aucune discussion, Stanislas Wawrinka a sans doute gagné au change. Remarquable lors de son quart de finale remporté 7-6 (7/5) 6-2 devant Milos Raonic, le Vaudois retrouvera samedi (13h30) avec Ferrer un adversaire contre lequel il reste sur deux victoires, acquises l'an dernier à Estoril et au Masters. Il a sans doute trouvé la clé de son jeu.

Aucune balle de break

Face au «bombardier» canadien, Wawrinka a raflé la mise en l'espace de de dix minutes. Il a retourné une situation compromise dans le tie-break break du premier set, au cours duquel il fut mené 3/0 puis 5/3 avant de signer le break d'entrée au second set dans un jeu qui a vu pourtant Raonic mener 40-0... Comme deux jours plus tôt face à Marin Cilic, le Vaudois n'a pas dû écarter la moindre balle de break. 

Sa faculté à trouver les bonnes zones sur les points importants explique pourquoi cette statistique si remarquable ne doit rien au hasard. «J'ai désormais l'esprit libre, dit-il. La Coupe Davis m'a aidée. Je sais que je suis censé être parmi les favoris, mais chaque fois que je joue, j'ai l'état d'esprit d'un outsider qui essaie seulement de gagner un match supplémentaire.» Gagner celui de samedi lui offrira une troisième finale dans un Masters 1'000 après Rome en 2008 et Madrid l'an dernier.

Deux belles frayeurs

La demi-finale du haut du tableau opposera le tenant du titre Novak Djokovic à Roger Federer. Le Bâlois s'est fait une belle frayeur avant de fêter face à Jo-Wilfried Tsonga son... 950e succès sur le Circuit.

Victorieux 2-6 7-6 (8/6) 6-1 du Français, Federer peut aujourd'hui raisonnablement nourrir l'ambition de rejoindre le club très fermé des joueurs à plus de 1'000 victoires qui ne réunit à ce jour que deux hommes, Jimmy Connors (1253 victoires) et Ivan Lendl (1071).

Face à un Tsonga qui fut - pour une fois - solide en revers, Roger Federer a très longtemps été pénalisé par son manque d'efficacité sur les balles de break. Il en a raté treize sur... treize dans les deux premiers sets avant de trouver enfin l'ouverture sur sa seizième. «Je me suis longtemps cherché sur le court», lâche-t-il dans son français parfois brut de décoffrage pour souligner qu'il fut parfois, notamment en revers, à côté de son sujet.

Roger Federer retrouvera pour la troisième fois déjà en 2014 Novak Djokovic, après la demi-finale de Dubaï qu'il a remportée et la finale d'Indian Wells qu'il a perdue, au jeu décisif du troisième set faut-il le rappeler. «Stan et moi avons pu le stopper en début d'année, lâche-t-il. Il a l'air aujourd'hui d'être à nouveau très, très fort.»

Oui, mais... Le Serbe s'est lui aussi fait très peur sur le Rocher, en concédant la première manche à l'Espagnol Guillermo Garcia-Lopez (ATP 38) puis en devant sauver trois balles de break dans la deuxième.

Le n° 2 mondial, en délicatesse avec son poignet droit, s'est ensuite repris pour finalement s'imposer à l'usure 4-6 6-3 6-1.

Federer mène 17-16 face à Djokovic, lequel s'est toutefois imposé dix fois sur quatorze contre le Bâlois depuis 2011.