Suisse - France: ne pas baisser les yeux

"La France est une machine. On a retrouvé cette équipe depuis le 3-0 contre l'Ukraine". Influencé peut-être par le discours de son adjoint, Ottmar Hitzfeld peint-il le diable sur la muraille ?
19 juin 2014, 20:35

Fort heureusement, la réponse est non. L'entraîneur de l'équipe de Suisse se veut guerrier . A J-1 de ce derby tant attendu à Salvador de Bahia, il a tenu le langage d'un homme qui croit vraiment en son équipe. "Un pressing agressif et un jeu de transition rapide: telle est, à mes yeux, la recette pour s'opposer à cette équipe de France, explique-t-il. Même si la France a battu 8-0 une formation (ndlr: la Jamaïque) contre lequel nous nous sommes seulement imposés 1-0, mes joueurs n'auront pas à baisser les yeux devant leurs adversaires. J'ai deux certitudes à 24 heures du coup d'envoi: ce match sera, d'une part, très intéressant sur le plan tactique. D'autre part, mes joueurs devront jouer à la limite de leurs forces pour le gagner."

"Les Français méritent tout le respect du monde après leurs derniers résultats", poursuit-il quand on lui glisse que les joueurs de Didier Deschamps ont marqué vingt et un buts lors de leurs six derniers matches. Mais nous méritons également un certain respect après le parcours qui fut le nôtre lors de la campagne de qualification." On rappellera que la Suisse est demeurée invaincue en dix matches (sept victoires et trois nuls).

Dans la ville qui a vu naître Gilberto Gil et qui a vu éclore le talent de Daniel Alves, ce match comporte, on le sait, un enjeu fantastique. Le vainqueur de ce derby sera pratiquement qualifié pour les huitièmes de finale avec sans doute l'assurance de ne pas affronter l'Argentine le 1er juillet à Sao Paulo. Il reviendra à Gökhan Inler, pour sa 75e sélection, et à Valon Behrami, pour sa 50e, de donner le juste ton pour l'équipe de Suisse. Leur tâche risque d'être quelque peu facilitée par l'absence de Yohan Cabaye. Touché aux adducteurs, le joueur du Paris Saint-Germain pourrait céder sa place au Lilois Rio Mavuba.

Ottmar Hitzfeld n'a pas, bien sûr, dévoilé son équipe. Mais tout indique qu'Admir Mehmedi sera titularisé pour Valentin Stocker. "Je ne déplore aucun blessé. Tous mes joueurs sont en pleine possession de leurs moyens, se félicite-t-il. Ma marge de manoeuvre sera réelle vendredi."

Le sélectionneur est, enfin, revenu sur l'ultime action du match de dimanche à Braslia contre l'Equateur, l'action qui a tout changé. "Nous avons tout vécu une émotion extraordinaire. Nous voulions absolument gagner ce premier match. Nous avions vraiment pris tous les risques, lâche-t-il. Ce qui nous est arrivé est, je pense, mérité." Le but de Seferovic a peut-être effacé à jamais dans la tête d'Ottmar Hitzfeld le terrible souvenir de la finale de la Ligue des Champions de 1999 où, à Barcelone, "son" Bayern Munich avait tout perdu dans le temps additionnel devant Manchester United.