Neymar: "On ne méritait pas ça"

Neymar, victime d'une fracture de la 3e vertèbre lombaire en quart de finale du Mondial, a estimé que l'équipe brésilienne "ne méritait" pas l'humiliation infligée par l'Allemagne en demi-finale (1-7)

11 juil. 2014, 09:37
Brazil's Neymar talks to the media a press conference at the Granja Comary training center in Teresopolis, Brazil, Thursday, July 10, 2014. The Brazilian soccer star is back on his feet after suffering a broken vertebrae during a World Cup soccer match against Colombia. Brazil will be disputing a third place finish, without its star on Saturday. (AP Photo/Leo Correa)

La superstar brésilienne s'est rendue au centre d'entraînement du Brésil à Teresopolis pour saluer ses coéquipiers et en profité pour répondre à la presse.

Retour avec l'équipe:

"Je suis content d'avoir retrouvé mes coéquipiers malgré la mauvaise situation. On a commencé ensemble, on va finir ensemble. Même si on n'a pas réussi à obtenir le titre, on va terminer honorablement en portant le maillot qu'on a toujours rêvé de porter. Ce n'est pas parce que c'est une défaite historique qu'il faut baisser la tête. C'est douloureux mais ça peut arriver. Tout le monde est triste mais ce qui m'a rendu heureux, en revenant ici, c'est qu'il y avait des gens qui applaudissaient. Maintenant on va faire le match (pour la 3e place), faire comme si c'était une finale et terminer avec le sourire. Comme ça, ce sera moins douloureux que maintenant."

Humiliation:

"J'ai trouvé ça incroyable, inexplicable. Je ne peux pas l'expliquer. Il y a eu un black-out. C'est facile de parler après. J'ai déjà vécu ça : tu n'arrives pas à t'organiser, tu ne réussis plus une passe, tu ne réussis plus rien. On ne demande qu'une chose, c'est que la lumière revienne. Ce n'est pas à cause d'une défaite, de la perte du titre que tous les joueurs sont tristes. On est suffisamment forts pour le surmonter, mais voir ton fils, ta famille, des gens que tu ne connais pas pleurer... J'ai pleuré, pas parce qu'on a perdu, mais parce qu'on ne méritait pas de perdre comme ça, on ne méritait pas ça."

La blessure et Zuniga

"C'est une action que je n'accepte pas. Je ne vais pas dire qu'il y avait quelque chose de malveillant, je ne suis pas dans sa tête. Mais celui qui connaît le foot sait que sa charge n'est pas normale. Quand tu veux faire faute sur quelqu'un de dos pour arrêter l'action, tu pousses, tu le retiens. Quand je suis de face, j'ai la vision périphérique et je peux me protéger. Mais de dos... Il y a une règle, il faut être protégé et j'ai fini blessé. Dieu m'a aidé. Si cela avait été 2 centimètres de plus, je serais peut-être dans une chaise roulante. C'est compliqué d'en parler. Le moment le plus important de ma carrière (Neymar s'est alors écroulé en pleurs avant de continuer).

Zuniga m'a appelé, a demandé pardon, il m'a dit qu'il ne voulait pas me blesser. Il a dit des choses sympa. Je n'ai pas de rancoeur ou de haine. Je lui souhaite le meilleur pour sa carrière."

La finale Allemagne - Argentine:

"Je souhaite bonne chance à mes coéquipiers Messi et Mascherano (réd: à Barcelone). Messi a tout gagné (à part le titre Mondial) et il mérite d'être champion (...) Je ne soutiens pas l'Argentine, mais deux personnes que je connais, dont un que j'avais comme idole et référence. Quelqu'un de spécial, même à l'entraînement. Ce sont deux personnes bien."