Lionel Messi et le Barça, ou quand l'un ne va pas sans l'autre

Les exploits de «La Pulga», critiquée voire soupçonnée de dopage, sont en grande partie dus à son club: le FC Barcelone.
06 août 2015, 15:19
Lionel Messi, recordman du nombre de buts inscrits en une année civile.

Auteur de ses 85e et 86e buts de l’année, l’Argentin Lionel Messi a encore un peu plus marqué l’histoire, dimanche sur la pelouse du Betis Séville. En dépassant l’Allemand Gerd Müller (85 réalisations en 1972), l’attaquant du FC Barcelone est devenu le nouveau recordman de goals inscrits en une année civile.

A l’heure où beaucoup font l’éloge du triple Ballon d’Or, d’autres se contentent de remarques aussi sarcastiques qu’inutiles. «Regardez son jeu de tête, il est nettement moins efficace que ne l’était le mien, il n’est pas aussi complet», a notamment réagi Pelé, devenu roi de l’aigreur. De son côté, le défenseur des Girondins de Bordeaux Florian Marange est allé jusqu’à évoquer un éventuel cas de dopage. «Je me demande s’il n’est pas dopé parce que ce n’est pas possible d’enchaîner les matches, de marquer et d’être toujours à 100%», a-t-il lâché.

Un joyau forgé au Barça

Leo Messi dopé? Cette question n’est certainement pas uniquement sur la langue du latéral gauche bordelais. Reste que si l’on regarde d’un peu plus près l’organisation du jeu barcelonais ainsi que la façon dont le club catalan gère l’Argentin, les performances de ce dernier – certes effectuées, en grande partie, grâce à son talent hors du commun – semblent davantage réalisables.

Joueur fragile durant les trois premiers quarts des années 2000, «La Pulga» (la puce) n’a plus connu de blessure sérieuse depuis 4 saisons. «Pep Guardiola (ndlr: son ancien entraîneur à Barcelone) l’a pris en main et lui a prescrit un changement radical dans sa façon de s’alimenter. Il a remodelé son style de vie afin d’éviter les problèmes musculaires dont il était souvent victime, expliquait en début de semaine Frédéric Hermel, consultant de la radio RMC et du quotidien L’Equipepour La Liga. N’oublions pas que petit, Messi avait des problèmes de croissance. Si le Barça n’avait pas pris en charge ses frais médicaux, il serait nain.» Ou quand Barcelone forge son joyau.

L'exemple Sanchez

L’organisation collective des «blaugrana» semble elle aussi destinée à mettre l’Argentin dans des dispositions idéales. «Durant un match, Messi ne court jamais. Toute l’équipe est organisée autour de lui pour qu’il puisse changer la physionomie d’une partie en deux minutes. Quand le club fait tout pour toi, que tout tourne autour de toi, c’est aussi plus faisable», poursuivait celui qui collabore également avec le quotidien madrilène AS.

L’exemple de son coéquipier Alexis Sanchez, auteur de 12 buts lors de sa dernière saison à Udinese (2010-2011), va également dans ce sens. «Cette saison, Sanchez ne marque pas. Mais il a en tête une seule chose: trouver Messi sur le terrain; David Villa (ndlr: international espagnol)ne l’a pas compris. Voilà pourquoi Sanchez joue davantage, glissait encore Frédéric Hermel. Le Barça, c’est Messi. Mais on ne peut pas imaginer Messi sans le Barça non plus. Les deux vont ensemble.» Et plutôt bien.

Chez les «blaugrana», tout semble tourner autour de «La Pulga»; dans la vie comme sur le terrain. En y ajoutant son immense talent, ses performances n’ont rien d’une supercherie.