Les Valaisannes du Servette FC Chênois, Valérie Gillioz et Maeva Sarrasin, de la Coupe suisse à la Ligue des champions

Coéquipières à l’époque en LNA à Yverdon, avec qui elles ont régné sur la Coupe nationale, Valérie Gillioz et Maeva Sarrasin font aujourd’hui le bonheur du Servette FC Chênois. Seules Valaisannes à évoluer au plus haut niveau suisse, elles s’apprêtent à disputer la Ligue des champions.

09 nov. 2020, 20:00
Maeva Sarrasin et Valérie Gillioz, les Valaisannes du Servette FC Chênois.

Elles ne sont que deux. Elles ne sont que deux Valaisannes, aujourd’hui, à représenter le football féminin valaisan au plus haut niveau de jeu suisse: Valérie Gillioz et Maeva Sarrasin. Pour la deuxième année consécutive, la Sédunoise et la Martigneraine, toutes deux âgées de 33 ans, font le bonheur du Servette FC Chênois en Super League. En tête la saison dernière lorsque le coronavirus plomba la fin du championnat, elles n’ont pas quitté cette place depuis le lancement du nouvel exercice.

Après dix journées, la formation genevoise et ses Valaisannes occupent seules la tête. Avec la deuxième attaque la plus inspirée et l’arrière-garde la moins perméable, elles réussissent un parcours presque sans faute qui ne les a vu s’incliner qu’à une seule reprise. La milieu défensive Valérie Gillioz et l’attaquante Maeva Sarrasin, qui porte également le brassard de capitaine, jouent un rôle prépondérant dans cette réussite. «Pour l’instant, les performances suivent. Mais le championnat est encore long», rappellent-elles.  

En LNB à 14 ans

Maeva Sarrasin, attaquante et capitaine du Servette FC Chênois. © Fahny Baudin

Pour atteindre l’élite suisse du football, toutes ont quitté très jeune le Valais. C’est peu de le dire pour Maeva Sarrasin, Martigneraine d’origine mais qui, en fait, a vu le jour dans le canton de Genève. C’est là-bas qu’elle a découvert sa passion du ballon rond et gravi les échelons. «J’ai commencé à 12 ans. A 14 ans, je jouais en LNB avec Chênois», explique celle qui, cinq ans plus tard, rejoint Yverdon en LNA avant de rentrer au bercail en 2014. 

J’ai commencé à 12 ans. A 14 ans, je jouais en LNB avec Chênois.
Maeva Sarrasin, Valaisanne du Servette FC Chênois

Elle a dû se battre pour intégrer une équipe en Valais

Lors de ses années yverdonnoises, Maeva Sarrasin croise une certaine Valérie Gillioz, laquelle avait débarqué des Young Boys. Avant de poser ses crampons dans le canton de Berne en LNA, la Sédunoise défendait les couleurs du FC Vétroz qui militait alors en LNB, deuxième division du pays. Elle avait quitté le Valais à 17 ans. «J’avais commencé très tôt, à l’âge de 6 ans», se souvient-elle. «En revanche, j’ai dû me battre à mes débuts pour pouvoir intégrer une équipe. A cette époque, il n’existait aucune formation junior féminine en Valais. Ma maman a donc dû insister à plusieurs reprises. J’ai finalement pu intégrer une équipe junior masculine au FC Vétroz.»

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Avec le maillot de la Suisse

Lors de leurs longues années en commun à Yverdon, alors formation phare du football féminin romand, Maeva Sarrasin et Valérie Gillioz avaient remporté deux Coupes de Suisses. Toutes deux ont aussi connu le bonheur d’une sélection en équipe de Suisse. Si la Sédunoise a été convoquée avec les M19, Maeva Sarrasin a pour sa part disputé treize parties avec le chandail de la sélection A en 2007 et 2008. Leurs chemins se séparent lorsque Maeva Sarrasin quitte Yverdon pour retourner à Chênois en 2014. «J’étais revenue en pensant calmer le jeu, en jouant avec la deuxième équipe», sourit l’attaquante, finalement rattrapée par le projet. Le projet? La fusion du CS Chênois et du Servette FC devenu l’actuel Servette FC Chênois. Ce projet fut une réussite totale puisque l’équipe domine le championnat suisse pour la deuxième année consécutive et est aujourd’hui ce qui se fait de mieux en Suisse. 

Une 13e saison dans l’élite suisse

Valérie Gillioz dispute son 13e exercice dans l’élite suisse. © Pierre Maillard

Valérie Gillioz, elle, quitte Yverdon en 2016. En rentrant en Valais, elle imaginait sa carrière en LNA derrière elle. Elle avait finalement rechaussé les crampons en 1re ligue avec le FC Sion. Avant de retrouver Maeva Sarrasin au Servette FC Chênois. «A l’époque, la seule équipe romande de Super League était Yverdon. Les Romandes allaient donc là-bas. Aujourd’hui, Servette a pris le relais», explique Valérie Gillioz qui dispute sa…13e saison dans l’élite suisse. Mais certainement l’une des plus belles. 

A l’époque, la seule équipe romande de Super League était Yverdon. Les Romandes allaient donc là-bas. Aujourd’hui, Servette a pris le relais.
Valérie Gillioz, Valaisanne du Servette FC Chênois

Le printemps dernier, lors de l’arrêt du championnat, le Servette FC Chênois féminin occupait la tête du classement. Même s’il n’a pas été officiellement désigné champion de Suisse, la ligue a malgré tout décidé de valider sa première place. Une première place qui a immédiatement envoyé les Valaisannes en Ligue des champions. «C’est une fierté de faire partie de la première équipe romande qui dispute cette compétition.» Cette entrée sur la scène européenne n’a pas changé leur quotidien pour autant. Alors que leurs homologues masculins vivent de leur sport, les joueuses en Suisse sont toutes occupées professionnellement à côté du football. Impossible en effet de vivre de cette activité dans ce coin du globe. Mais des signaux positifs ont été lancés cette année: pour la première fois, le championnat de Suisse féminin porte le nom d’un sponsor, lui qui se nomme désormais l’Axa Women’s Super League. Et pour la première fois aussi, ce même championnat n’est plus dirigé par la ligue amateur. «Sans cela, on aurait déjà dû arrêter la saison puisque les amateurs ont vu leur championnat être suspendu. Cette fois, on suit le même mouvement que la Super League masculine», apprécie Valérie Gillioz. 

 


Cet article fait partie de la série 50 ans de foot féminin: des pionnières à aujourd’hui. Retrouvez les autres épisodes de cette série ici