Le groupe de Walter Gagg reçu par la SFL

La Swiss Football League a reçu durant plusieurs heures Walter Gagg et son groupe, disposés, disent-ils, à reprendre Neuchâtel Xamax si les choses tournent mal pour Bulat Chagaev et le club. Une réunion «qui s'est très bien déroulée», s'est réjoui M. Gagg.

20 déc. 2011, 19:26
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Ce dernier, conseiller de Sepp Blatter à la FIFA, ne s'est toutefois pas trop étendu sur le sujet. «La Ligue nous a demandé la confidentialité pour ne pas nuire au développement de l'affaire.» Walter Gagg et son groupe - Gilbert Facchinetti, Gabriel Monachon, Pierre Dubois, Michel Favre, Remo Siliprandi et Bernard Renevey - ont eux même sollicité cet entretien dont la tenue a été révélée par «Le Matin» d’aujourd’hui. Ils ont été reçus par le directeur général de la SFL Claudius Schäfer et son second Edmond Isoz. 

«Tant que Bulat Chagaev sera à la tête du club, nous ne pourrons rien faire, a déploré M. Gagg à la sortie de la séance. Nous devons  attendre, sans nous immiscer dans les affaires de la Ligue. Nous avons simplement dit que nous étions prêts à reprendre le club si le pire devait arriver.» 

Aubert parle, Barillon se fâche

Sur le front de la justice, l'enquête des parquets de Genève et Neuchâtel concernant l'accusation de faux dans les titres (les attestations de la Bank of America) dont est l'objet Bulat Chagaev est close, a lâché, toujours dans «Le Matin», le procureur neuchâtelois Pierre Aubert. Une information que le magistrat a confirmée, tout comme ses propos relayés dans le même article. 

Pierre Aubert livre dans les grandes lignes les conclusions de l'enquête, ne laissant que peu de place au doute sur la culpabilité du propriétaire de Xamax, dont la défense ne tiendrait pas. Ce à quoi Me Jacques Barillon, n'a pas tardé à réagir. Pour l'avocat de Bulat Chagaev, les déclarations du procureur neuchâtelois «violent manifestement la présomption d'innocence». 

«Il est pour le moins singulier qu'on puisse ainsi affirmer ou laisser entendre que M. Chagaev aurait commis une infraction de faux dans les titres et que les juges genevois devraient entériner cette évidence dans les plus brefs délais (...) alors même que son audition (ndlr: celle de M. Chagaev) doit se poursuivre dès la mi-janvier», a expliqué encore Me Barillon. Lequel a précisé que son client se réservait le droit de demander réparation «en temps et lieu opportuns». 

For probablement à Genève 

Pierre Aubert réfute pour sa part avoir violé le secret de l'instruction et la présomption d'innocence. Joint au téléphone, il a déclaré que les pourparlers avec le Ministère public genevois concernant le for juridique de l'affaire étaient encore en cours mais bien avancés. «Genève est disposé à reprendre le dossier, assure-t-il. J'ai mené mes dernières investigations cette semaine et je vais en communiquer à mes homologues les résultats ces jours-ci. Le parquet de Genève va ensuite statuer pour décider du for juridique.» 

Si le procureur Yves Bertossa prend en main le dossier, seul le parquet de Genève sera compétent dans cette affaire, conclut Pierre Aubert. Au bout du Léman, la prudence est de mise. «Le procureur ne veut pas confirmer ni commenter les propos du Ministère public de  Neuchâtel», a déclaré un porte-parole du parquet genevois, lequel devrait communiquer à ce propos dans la semaine encore.