Football: Labrune, le président de l'OM, Diouf et Dassier, deux ex-dirigeants, en garde à vue

La justice française a frappé un grand coup mardi matin dans le petit monde du ballon rond. En particulier celui qui tourne autour de l'Olympique de Marseille. Vincent Labrune, le président actuel, ainsi que Pape Diouf, son prédécesseur sont en garde à vue.

18 nov. 2014, 12:52
Les dirigeants du club phocéen, Vincent Labrune, en tête, sont soupçonnés de fraudes lors de divers transferts.

Une dizaine de personnes ont été placées en garde à vue et des perquisitions ont été menées mardi dans le cadre d'une enquête sur des soupçons de matches truqués en 2e division française. Parmi les gardés à vue figurent le président de Nîmes, Jean-Marc Conrad, et celui du club de Ligue 1 de Caen, Jean-François Fortin.

Selon des sources proches de l'enquête, interpellations et perquisitions ont été menées dans plusieurs villes de France dont Nîmes, Angers, Caen et Dijon. Les soupçons portent notamment sur le club du Nîmes Olympique, dont l'actionnaire principal, Serge Kasparian, est écroué dans une affaire de cercle de jeux clandestins à Paris.

Lors de leurs investigations autour du cercle de jeux, les enquêteurs ont "eu la conviction" que des matches avaient "été truqués" lors de la dernière saison de Ligue 2. Il s'agit de matchs disputés par Nîmes qui "aurait exercé des pressions et proposé des arrangements" afin "d'éviter la rétrogradation".

Les faits visent des actes de présumée "corruption active et passive", selon les mêmes sources qui ont ajouté que "d'autres interpellations et perquisitions devaient avoir lieu" dans cette affaire.

Pour l'instant, l'affaire n'en est qu'au stade des soupçons. Mais l'épisode fait resurgir le souvenir du match truqué Marseille-Valenciennes, en 1993, qui avait provoqué le plus grand scandale du foot français, l'OM étant rétrogradé de 1re en 2e division à la suite de cette affaire.

Le fléau des matches truqués est d'envergure mondiale: le football italien, notamment, est régulièrement assailli par ce type d'affaires et se bat depuis trois ans contre le tentaculaire "calcioscommesse".

La Ligue ne pardonnera rien

"Si ces soupçons sont avérés, il s'agit d'une affaire extrêmement grave pour le football français", a déclaré le président de la Ligue de football français (LFP), Frédéric Thiriez lors d'un point presse.

"Si des faits de corruption, de trucage, d'arrangement, ou de simple tentative d'arrangement sont avérés, croyez-moi, les instances de la Ligue prendront les sanctions disciplinaires ou administratives, individuelles ou collectives qui s'imposent, avec la plus grande fermeté", a-t-il ajouté, rappelant que ces sanctions pouvaient aller jusqu'à la radiation et l'exclusion des championnats.