Faillite de Xamax: délai d'administration des preuves prolongé

A l'issue de l'audience de vendredi, consacrée à l'audition de deux témoins, le tribunal a prolongé le délai d'administration des preuves pour se donner le temps de vérifier des informations. Les deux témoins entendus vendredi ne se sont pas révélés très convaincants pour le tribunal.

21 mars 2014, 19:50
Le 15 juillet 2011, la vice-présidente Olga Danese et le président Andrei Rudakov présentaient la nouvelle équipe de Neuchâtel Xamax pour la saison 2011-2012.

Le Tribunal de police siégeant à La Chaux-de-Fonds a prolongé vendredi le délai d'administration des preuves dans la procédure pour faux témoignage intentée à deux anciens responsables de Neuchâtel Xamax ayant opéré sous l'ère Chagaïev. Une nouvelle audience du procès est prévue à une date indéterminée.

A l'issue de l'audience de vendredi, consacrée à l'audition de deux témoins, le tribunal a donné suite à une demande des deux accusés. Il a prolongé le délai d'administration des preuves pour se donner le temps de vérifier des informations relatives à la création de boîtes e-mail sous la raison sociale Xamax.ch à l'usage du personnel.

Le tribunal a estimé que la connaissance de la date d'introduction de ce système pouvait être décisif dans l'établissement de la vérité.

Les deux témoins entendus vendredi ne se sont pas révélés très convaincants pour le tribunal. L'interrogatoire a porté sur les conditions dans lesquelles les employés du bureau pouvaient consulter les contrats de travail passés entre Xamax et le personnel administratif et sportif.

Les deux personnes entendues - une femme et un homme employés par le club - ont livré des versions contradictoires sur la question, n'étant d'accord que sur l'improvisation et le désordre gestionnaire régnant dans les bureaux.

Faux témoignage

Tous deux d'origine russe, établis depuis longtemps en Suisse, dont ils ont la nationalité, les accusés du procès sont l'ancien et éphémère président de Xamax sous l'ère Chagaïev, ainsi qu'une femme ayant occupé la fonction de secrétaire générale. Ils sont accusés d'avoir produit un faux témoignage lors de l'enquête toujours en cours sur la faillite du club.

Ils ont affirmé que le contrat élaboré lors du recrutement du directeur technique Christophe Moulin était à durée indéterminée (CDI). Or, le document produit par ce dernier est un contrat à durée déterminée (CDD).

Les prévenus affirment qu'ils ne s'expliquent pas l'apposition de leur signature au bas du CDD, tout en maintenant avoir rédigé un contrat CDI lors de l'engagement de Christophe Moulin. Le Ministère public a dénoncé l'ancien président et l'ancienne secrétaire générale pour faux témoignage.

Il demande au tribunal d'infliger une peine de jours-amende avec sursis aux deux accusés. Ces derniers n'ont pas demandé l'assistance d'un avocat et défendent eux-mêmes leur cause.

Distinction importante

La distinction entre CDI et CDD est déterminante dans le cadre de l'enquête en cours sur la faillite de Neuchâtel Xamax. Un contrat CDD comporte de meilleures garanties d'indemnisation qu'un CDI dans le règlement judiciaire d'une affaire de faillite.

A cet égard, les accusés soutiennent qu'ils n'ont aucune raison de mentir, ayant tout perdu à suivre Bulat Chagaïev. Ce dernier ne voulait pas de CDD pour le personnel administratif.