Euro 2016: la Suisse n'a plus droit à l'erreur contre la Lituanie

Le match du samedi 15 novembre opposant la Suisse à la Lituanie sera décisif pour l'équipe de Vladimir Petkovic. La victoire est obligatoire si la sélection helvétique entend préserver ses chances de qualification directe pour la phase finale de l'Euro 2016.

10 nov. 2014, 10:23
Vladimir Petkovic est incontestablement un entraîneur sous pression.

Il est devenu le match de tous les dangers. L'enjeu du Suisse - Lituanie du samedi 15 novembre à Saint-Gall est considérable. Un tout autre résultat qu'une victoire hypothéquera les chances d'une qualification directe de l'équipe de Suisse pour la phase finale de l'Euro 2016.

Battu par l'Angleterre et par la Slovénie lors de ses deux premiers matches à la tête de la sélection, Vladimir Petkovic est bien un entraîneur sous pression qui a entamé ce lundi à Feusisberg la préparation pour cette rencontre cruciale. Elle sera suivie trois jours plus tard d'un déplacement à Wroclaw où la Suisse rencontrera la Pologne en amical pour le 750e match de son histoire.

Une réaction presque épidermique

Le coach helvético-bosnien a renoncé à la traditionnelle rencontre avec la presse vendredi dernier, le jour de l'annonce de sa sélection pour ces deux rencontres. Depuis son intronisation, on sent bien le désir de Vladimir Petkovic de verrouiller la communication. Ce souci n'empêche toutefois pas des dérapages malheureux. Lors de sa dernière apparition devant les journalistes, le mercredi 15 octobre au lendemain de la victoire 4-0 à San Marin, Vladimir Petkovic avait affirmé qu'il n'acceptait pas critiques personnelles dont il estimait avoir été l'objet.

Une réaction presque épidermique qui s'explique peut-être par l'ombre que peut laisser planer son prédécesseur Ottmar Hitzfeld, adoré comme une véritable icône dans toute la Suisse alémanique. Qui s'explique peut-être aussi par un parcours d'entraîneur qui n'a pas épousé ces dernières années le cours d'un fleuve tranquille. On rappellera que Vladimir Petkovic n'est pas allé au bout de son premier contrat dans ses deux derniers clubs, au Samsunspor et à la Lazio.

Prétendre que Vladimir Petkovic jouera sa tête samedi à Saint-Gall est sans doute un peu exagéré. Il n'empêche que sa position deviendra presque intenable. La presse prendra un malin plaisir à évoquer un choix par défaut. L'ancien entraîneur des Young Boys n'aurait jamais eu la chance de diriger l'équipe de Suisse si Marcel Koller et Lucien Favre n'avaient pas décliné l'offre du délégué aux équipes nationales Peter Stadelmann. Un délégué qui, par ailleurs, a commis une maladresse en ne ciblant pas en premier Favre, l'entraîneur qui rayonne aujourd'hui en Bundesliga.

Un fauteuil pour deux

S'il est sombre, le tableau n'est toutefois pas complètement noir. La Suisse a largement les moyens de compenser son faux départ. Samedi, elle affronte une équipe très limitée. Même si elle a battu l'Estonie 1-0 le 9 octobre dernier, la Lituanie est l'équipe la moins redoutable des trois pays baltes derrière la Lettonie, qui a disputé l'Euro 2004 au Portugal, et l'Estonie justement, barragiste de l'Euro 2012 contre l'Eire. La Lituanie est avant tout un pays de basket comme l'a rappelé dans la presse dominicale Valdas Ivanauskas, le plus grand footballeur lituanien de l'histoire.

Le sélectionneur n'aura pas, par ailleurs, à résoudre le dilemme qui va inévitablement se poser ces prochains mois en raison de l'absence pour blessure de Granit Xhaka. S'il persiste dans son organisation en 4-3-3, la "cohabitation" entre Gökhan Inler et Granit Xhaka est, de l'avis de bien des observateurs, impossible. Le capitaine et le joueur du Borussia Mönchengladbach évoluent dans un registre trop similaire pour qu'une véritable complicité soit possible. Les deux hommes aspirent à prendre les clés du jeu. Ottmar Hitzfeld avait éludé le problème en faisant jouer Xhaka à contre-emploi dans un rôle de 9,5 qui ne pouvait lui convenir. Vladimir Petkovic a eu le mérite de ne pas poursuivre dans cette voie qui ne menait nulle part. En 2015, il devra trancher.